Un homme de 26 ans a frappé et menacé au couteau un adolescent de 16 ans dans un bus à Bruay-La-Buissière, avant d’insulter les policiers. Condamné à deux ans de prison ce lundi.

Bruay-La-Buissière : ivre dans un bus, il agresse un adolescent au couteau et insulte les policiers de « nazis »
Un passager de 26 ans en état d’ivresse a semé la terreur dans un bus samedi midi à Bruay-La-Buissière, frappant un adolescent venu protéger une mère et son jeune enfant, avant de brandir un couteau et de déverser des insultes racistes et homophobes sur les forces de l’ordre. Jugé dès ce lundi au tribunal correctionnel, il a été condamné à deux ans d’emprisonnement.
Un adolescent s’interpose pour protéger une mère et son enfant
Samedi en milieu de journée, dans un bus desservant Bruay-La-Buissière, un passager alcoolisé commence à perturber les voyageurs. Il s’en prend notamment à une mère accompagnée de son nourrisson et de son fils de quatre ans, allant jusqu’à toucher l’enfant. Face à l’inquiétude visible de la mère, un adolescent de 16 ans intervient et lui demande d’arrêter.
La réponse est immédiate et brutale : coups de poing au visage, coup de pied à la poitrine. Une fois descendu du véhicule, l’agresseur franchit un nouveau palier en sortant un couteau et en avançant vers le jeune. « J’aurais pu mourir », confiera plus tard l’adolescent devant le tribunal, la voix encore marquée par l’émotion.
Insultes racistes et homophobes contre les forces de l’ordre
Interpellé par des agents de la police municipale, l’homme ne se calme pas. Il enchaîne les injures à caractère raciste et homophobe à l’encontre des policiers, les traitant notamment de « bande de racistes » et de « nazis ». Ces outrages se poursuivent ensuite au commissariat, cette fois en direction d’une fonctionnaire de la police nationale.
Ces faits s’inscrivent dans un contexte de violence répétée. Moins d’un mois auparavant, le 22 mars, le même individu avait exercé des violences physiques sur son père et sa sœur à Lens — là encore sous l’empire de l’alcool.
Larmes et excuses Ă la barre
L’audience de lundi a révélé un homme méconnaissable par rapport aux faits décrits. Calme et posé dans le box, le Béthunois de 26 ans a fondu en larmes à l’évocation des infractions reprochées. Il a admis avoir été « très alcoolisé » dans le bus, reconnu avoir perturbé les passagers et exprimé à plusieurs reprises sa honte.
Sur l’épisode du couteau et les insultes aux policiers, sa mémoire reste lacunaire. Il affirme n’avoir gardé en tête que l’évocation d’un « traitement de nazis », niant catégoriquement les propos homophobes et racistes, se décrivant comme une personne tolérante. Son avocate, Me Belmokhtar, a plaidé la clémence, mettant en avant l’insertion sociale de son client, son honnêteté et sa volonté de soigner son addiction à l’alcool.
Deux ans de prison, bracelet électronique et dommages et intérêts
La procureure n’a pas partagé cette indulgence. Elle a rappelé que l’adolescent avait « agi comme un bon citoyen » et que les outrages proférés allaient « au-delà des outrages lambda », selon les termes employés par les avocats des policiers victimes. Relevant un casier judiciaire déjà chargé de neuf condamnations, elle a requis trente mois d’emprisonnement dont quinze fermes, avec mandat de dépôt.
Le tribunal a rendu une décision nuancée : deux ans de prison, dont un an avec sursis probatoire. La partie ferme a été aménagée en détention à domicile sous surveillance électronique. Le condamné devra se soumettre à un suivi addictologique, respecter une interdiction de détenir toute arme et s’abstenir de tout contact avec l’adolescent victime. Il est également condamné à verser 3 500 euros de dommages et intérêts à l’ensemble des victimes. Il dispose de dix jours pour faire appel.
(Merci Rudy van Cappellen)
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