Dans le Rhône, un père de famille de 40 ans a été mis en examen pour viols sur 34 enfants. Ses aveux, livrés après une tentative de suicide, révèlent quatre ans d’agressions lors de soirées pyjama à Lucenay.

Un père de famille mis en examen pour viols sur 34 enfants dans le Rhône
Dans la commune de Lucenay, en Beaujolais, un homme de 40 ans est mis en examen pour avoir agressé sexuellement trente-quatre enfants entre 2020 et 2024. Ses propres aveux, livrés après une tentative de suicide, ont permis aux enquêteurs de reconstituer quatre années de sévices dissimulés derrière la façade d’un père de famille bien intégré.
Des soirées pyjama au cœur des soupçons
C’est à l’automne 2024 que les premiers signaux d’alarme ont retenti dans cette petite commune du Rhône, relate Le Monde. Plusieurs enfants ont commencé à confier à leurs parents des situations troublantes, survenues au domicile d’un camarade de classe lors de soirées pyjama. Rapidement, des parents ont mis en commun leurs récits et ont constaté une concordance préoccupante entre les témoignages. Une première plainte a été déposée le 5 décembre 2024, conduisant à la garde à vue du suspect, qui a nié l’ensemble des faits.
Libéré à l’issue de cette mesure, l’homme s’est éloigné du domicile familial à la demande de sa compagne. Il s’est alors isolé dans une chambre d’hôtel à Lyon, où sa situation psychologique s’est rapidement dégradée.
Une tentative de suicide qui précède les aveux
C’est au cours de cette période d’isolement que le suspect a rédigé plusieurs courriers. L’un d’eux, daté du 14 décembre 2024, contient en substance la reconnaissance d’une attirance pour de très jeunes garçons, assortie d’une formule d’autodétestation. Dans la nuit qui a suivi, il a tenté à plusieurs reprises de mettre fin à ses jours, notamment en cherchant à se jeter dans le vide depuis les étages de l’hôtel. Le lendemain, après avoir erré plusieurs heures, il s’est rendu dans un bois du département du Rhône, où il a attaché une corde à un arbre avant de rester immobile, dans l’incapacité de passer à l’acte. Les gendarmes, alertés, l’ont localisé et sont intervenus pour le secourir.
Hospitalisé dans un service psychiatrique, il a progressivement livré des aveux aux soignants, puis aux enquêteurs. Il a évoqué une trentaine de victimes et l’existence d’un important volume d’enregistrements. Replacé en garde à vue depuis sa chambre d’hôpital au début de l’année 2025, il a fourni des noms, des dates et l’emplacement de ses fichiers numériques. L’analyse de ces données a permis de mettre au jour près de 330 images et vidéos documentant les faits.
Trente-quatre victimes âgées de 3 à 9 ans
L’enquête a permis d’identifier trente-quatre victimes, toutes mineures, âgées de 3 à 9 ans au moment des faits. Les sévices se sont étendus sur une période de quatre ans, entre 2020 et 2024. Le 10 avril 2026, l’homme a fait l’objet d’une seconde mise en examen, portant sur les chefs de viols et agressions sexuelles sur mineurs ainsi que de production et détention d’images à caractère pédopornographique.
Le profil d’un homme ordinaire, une déviance caractérisée
Régisseur dans le secteur du cinéma, le suspect présentait tous les attributs d’une vie sociale ordinaire. Installé à Lucenay avec sa compagne et leurs deux enfants, il organisait régulièrement des activités pour les camarades de classe de ses enfants, créant ainsi les conditions de ses passages à l’acte. Les expertises psychiatriques réalisées dans le cadre de l’instruction ont conclu à une déviance pédophilique caractérisée et à une dangerosité criminologique. Le suspect a lui-même déclaré avoir été victime de violences sexuelles dans son enfance de la part d’un proche plus âgé, un élément qu’il a invoqué dans son parcours personnel, sans que cela atténue les conclusions des experts sur la préméditation et la répétition des actes.
L’instruction se poursuit
Aujourd’hui incarcéré, le mis en examen a reconnu l’ensemble des faits qui lui sont reprochés et a accepté un traitement médicamenteux de type castration chimique. L’instruction judiciaire est toujours en cours.
(Merci Yann Bourguignon)
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