À Nevers, un maçon de 51 ans mis en examen pour le meurtre d’un homme de 36 ans lors d’une rixe dans la communauté turque a été remis en liberté. En cause : une erreur de convocation de son avocat commise par le greffe, suffisante pour invalider sa détention provisoire selon la chambre d’instruction de Bourges.

Meurtre à Nevers : un vice de procédure contraint la justice à libérer le suspect malgré ses aveux
Mis en examen pour l’homicide d’un ouvrier de 36 ans commis en octobre 2024, un maçon de 51 ans a été remis en liberté après qu’une erreur administrative du greffe a invalidé sa détention provisoire. La chambre d’instruction de Bourges a confirmé cette décision, suscitant l’indignation de la famille de la victime.
Une libération imposée par une irrégularité de forme
La chambre de l’instruction de la cour d’appel de Bourges a rendu mardi une décision qui a fait l’effet d’un coup de tonnerre pour les proches de la victime : la remise en liberté de Turan B., 51 ans, maçon de son état, pourtant mis en examen pour meurtre. La cause n’est pas une insuffisance de preuves, ni un doute sur la culpabilité du mis en examen — qui a lui-même reconnu les faits —, mais une simple erreur dans le calendrier judiciaire, relate Le Parisien.
Le greffe chargé de la détention provisoire s’est trompé dans les délais de convocation de l’avocat de la défense, dans le cadre du débat sur la prolongation de l’incarcération. Cette irrégularité formelle, pourtant mineure en apparence, suffit à entraîner automatiquement la remise en liberté du mis en examen selon les règles du Code de procédure pénale. « Cette décision procède d’une exacte et rigoureuse application des règles de droit en vigueur », a rappelé Me Ugo Valls, conseil de Turan B.
Un homicide au sein de la communauté turque de Nevers
Les faits remontent à la nuit du 13 octobre 2024, dans un immeuble de Nevers, en Nièvre. Ce soir-là , un groupe d’hommes se retrouve dans la cage d’escalier de Turan B. dans une attitude menaçante. L’homme ouvre alors le feu. Haydar, ouvrier du bâtiment âgé de 36 ans, membre de la communauté turque locale, est touché mortellement. Turan B. est interpellé, puis incarcéré à la suite de sa mise en examen pour meurtre.
Depuis le début de la procédure, le quinquagénaire campe sur une ligne de défense reposant sur la légitime défense : il affirme que sa vie et celle de son fils étaient directement menacées par un individu proche de leur entourage, qu’il décrit comme un trafiquant de stupéfiants. Selon lui, cet homme aurait contraint son fils à lui rendre des services sous la contrainte financière.
Des versions contradictoires sur l’origine des tensions
La thèse défendue par Turan B. est vigoureusement contestée par la partie adverse. L’homme qu’il désigne comme son oppresseur nie toute implication dans un quelconque trafic, une version que les investigations judiciaires n’ont pour l’heure pas contredite. De son côté, il attribue les tensions à une série d’incidents au sein de la communauté : un scooter dérobé, un incendie suspect et des dégradations commises sur un véhicule. Il dresse un portrait à charge de Turan B., l’accusant de consommer du cannabis et d’avoir des fils au comportement problématique.
La famille de la victime dénonce des manquements à répétition
Cette libération a provoqué une vive réaction dans l’entourage d’Haydar. Ses proches estiment que les dysfonctionnements s’accumulent dans cette affaire et que la mémoire de la victime mérite mieux qu’une procédure entachée d’erreurs administratives. Si la remise en liberté ne signifie pas la fin des poursuites — Turan B. reste mis en examen et le dossier suit son cours —, elle constitue un signal douloureux pour une famille déjà éprouvée par le deuil.
L’affaire devrait désormais suivre son cours devant la juridiction d’instruction, avec une possible saisine d’une chambre criminelle à terme.
(Merci Rudy van Cappellen)
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