Le député LFI Thomas Portes a déposé une demande de commission d’enquête parlementaire sur les « crimes policiers », en réaction à l’affaire d’un jeune homme de 23 ans qui affirme avoir été étranglé lors de son interpellation à Évin-Malmaison. Il souhaite des soutiens transpartisans pour faire aboutir cette initiative.

Thomas Portes (LFI) demande une commission d’enquête parlementaire sur les violences policières
Face à la multiplication des affaires de violences lors d’interventions des forces de l’ordre, le député LFI de Seine-Saint-Denis a officiellement demandé la création d’une commission d’enquête parlementaire indépendante, en marge d’une affaire survenue dans le Pas-de-Calais début avril.
Une initiative parlementaire portée par l’affaire d’Évin-Malmaison
C’est depuis la salle des conférences de presse de l’Assemblée nationale que Thomas Portes, député La France Insoumise de Seine-Saint-Denis, a pris la parole le jeudi 30 avril. L’élu a annoncé avoir officiellement soumis à son groupe parlementaire une demande de création d’une commission d’enquête sur ce qu’il qualifie de « crimes policiers ». Pour lui, le constat est sans appel : les décès survenant dans le cadre d’interventions des forces de l’ordre atteignent un niveau préoccupant en France, bien au-delà des seuls cas impliquant des tirs d’arme à feu, relate Le Parisien.
L’annonce intervient dans le sillage d’une affaire survenue début avril dans le Pas-de-Calais. Un jeune homme de 23 ans affirme avoir été victime de violences physiques lors de son interpellation, le 4 avril, dans la commune d’Évin-Malmaison. Selon ses déclarations, un policier l’aurait étranglé devant les membres de sa famille, présents sur les lieux. La scène aurait été filmée par ses proches.
Une commission voulue indépendante de l’IGPN
Thomas Portes a insisté sur la nécessité que cette future commission soit totalement distincte de l’Inspection générale de la Police nationale (IGPN), le service chargé du contrôle interne des forces de l’ordre. Pour le député insoumis, une enquête menée en dehors de ce cadre institutionnel constitue la condition sine qua non d’une véritable indépendance et d’une crédibilité aux yeux de l’opinion publique.
Une stratégie transpartisane pour rassembler des soutiens
Conscient que l’initiative ne peut aboutir sans un large soutien, Thomas Portes a affiché sa volonté de dépasser le clivage politique habituel. Il entend recueillir des signatures auprès des partis de gauche, mais aussi approcher des élus du centre et de la majorité présidentielle — MoDem, Horizons, LIOT et les groupes proches de l’exécutif. Une démarche inédite pour une telle demande émanant de La France Insoumise.
Le parcours judiciaire de la victime présumée semé d’embûches
L’affaire d’Évin-Malmaison illustre, selon les partisans de la commission, les difficultés rencontrées par les victimes présumées de violences policières pour accéder à la justice. L’avocat de la famille du jeune homme a indiqué que les services du commissariat de Lille ont refusé de recueillir la plainte de son client. Plus grave encore, le parquet de Béthune aurait décliné la saisine de l’IGPN, fermant ainsi provisoirement la voie à une enquête administrative interne. Ces obstacles procéduraux alimentent le sentiment d’impunité dénoncé par Thomas Portes et renforcent, selon lui, la légitimité de sa démarche parlementaire.
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