En Moselle, un homme de 78 ans avoue le meurtre de sa femme, retrouvée dans un tonneau en 2005, et celui de son fils. Un cold case enfin élucidé, 21 ans après.

Moselle : un mari avoue le meurtre de son fils et de sa femme retrouvée dans un tonneau, 21 ans après les faits
Un cold case qui semblait voué à rester sans réponse vient de connaître un dénouement judiciaire majeur. En Moselle, l’époux d’une femme découverte morte dans un bidon en janvier 2005 a finalement reconnu les faits, révélant au passage un second meurtre resté ignoré pendant plus de deux décennies.
Une macabre découverte restée sans identité pendant dix-huit ans
Le 7 janvier 2005, des passants font une découverte glaçante au bord d’une route menant au col du Donon, à Saint-Quirin, en Moselle : un corps de femme dissimulé dans un tonneau métallique. En état avancé de décomposition, la victime ne peut alors pas être identifiée. L’enquête s’enlise rapidement, faute d’éléments exploitables, et le dossier reste au point mort pendant près de deux décennies.
Ce n’est qu’en juillet 2023 que l’affaire connaît un nouveau souffle. L’enquête est alors confiée à la section de recherches de la gendarmerie de Metz, qui engage une procédure d’identification inédite. Grâce à une campagne internationale coordonnée par Interpol et à des analyses ADN parentales, la victime est formellement identifiée en avril 2026 : il s’agit d’Hakima Boukerouis, 35 ans au moment de sa mort, disparue sans que personne ne signale officiellement son absence, relate Ici Lorraine.
Un mari qui continuait de déclarer sa femme aux impôts
Les investigations des gendarmes mettent au jour une anomalie troublante : malgré la disparition de sa femme depuis plus de vingt ans, son mari continue de la mentionner dans ses déclarations fiscales. Ce détail, associé à plusieurs témoignages concordants recueillis au fil de l’enquête, oriente rapidement les soupçons vers l’époux.
Les enquêteurs découvrent également qu’un fils du mis en cause, né en 1974 d’une précédente relation, a lui aussi disparu à la même période, sans qu’aucune plainte n’ait jamais été déposée. Le faisceau d’indices devient accablant.
Interpellation, aveux et mise en examen pour complicité
Le 24 juin 2025, l’homme, alors âgé de 78 ans, est interpellé en même temps que plusieurs membres de sa famille. Lors de ses premières auditions, il minimise son rôle, affirmant avoir sollicité un tiers pour « faire du mal » à la victime. Il est néanmoins mis en examen pour meurtre sur conjoint et placé en détention provisoire, avant d’être libéré pour raisons médicales.
Le 9 juin 2026, lors d’une audition devant le juge d’instruction, le suspect change de version et passe aux aveux complets. Il reconnaît avoir lui-même tué Hakima Boukerouis, mais aussi son propre fils. Il invoque pour justifier ces actes « une relation adultérine », selon les termes rapportés par le procureur de la République de Metz, David Touvet, dans un communiqué rendu public le 23 juin 2026.
La nièce mise en examen pour complicité
Les aveux du mis en cause ont également conduit les enquêteurs vers une autre membre de la famille. Sa nièce, dont le rôle dans les événements reste à préciser, est placée en garde à vue puis mise en examen pour complicité de meurtre le 18 juin 2026. Elle est depuis placée sous contrôle judiciaire.
L’affaire, qui illustre la capacité des techniques modernes d’identification à rouvrir des enquêtes froides, suit désormais son cours devant la justice messine. Le procès, qui devra établir les circonstances exactes de ce double meurtre familial, reste à programmer.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





