Une policière a tenté de se suicider dimanche devant le commissariat de Saint-Denis. Déjà désarmée après deux tentatives, elle était suivie par le SSPO. Un drame qui illustre le mal-être persistant dans la police nationale.

Mal-être dans la police : une fonctionnaire tente de se suicider devant le commissariat de Saint-Denis
Une policière de la Seine-Saint-Denis a tenté de mettre fin à ses jours dimanche 3 mai, en plein après-midi, devant le commissariat central de Saint-Denis. Déjà connue des services de soutien psychologique après deux tentatives précédentes, elle avait été désarmée par précaution. Un drame qui rappelle brutalement l’ampleur de la crise du mal-être au sein de la police nationale.
Un geste désespéré en pleine rue
C’est en milieu d’après-midi, dimanche 3 mai, que la scène s’est produite devant le commissariat central de Saint-Denis, en Seine-Saint-Denis. Une fonctionnaire de la police nationale a tenté de s’ôter la vie, sous les yeux de ses collègues, relate Valeurs actuelles. Rapidement prise en charge, elle a été confiée aux services médicaux et psychologiques compétents. Son pronostic vital n’est pas engagé.
D’après les éléments recueillis auprès de sources proches du dossier, ce geste ne serait pas lié à une revendication d’ordre professionnel. Les difficultés personnelles traversées par l’agente seraient à l’origine de cet acte.
Une situation connue de la hiérarchie
Ce passage à l’acte n’est pas un fait isolé dans le parcours de cette policière. Deux mois auparavant, elle avait déjà tenté de mettre fin à ses jours à deux reprises, hors service. Face à cette situation préoccupante, sa hiérarchie avait pris la décision de la désarmer, mesure de précaution habituelle dans ce type de contexte. Elle avait également été hospitalisée et placée sous le suivi du Service de Soutien Psychologique Opérationnel (SSPO), la structure dédiée à l’accompagnement des agents en souffrance au sein de la police nationale.
Cette précaution n’a cependant pas suffi à empêcher ce nouveau passage à l’acte. Le recours à l’arme de service reste une réalité statistiquement préoccupante : dans la police nationale, un suicide sur deux implique l’arme réglementaire de l’agent.
Une profession en proie à une crise silencieuse
Le cas de cette fonctionnaire de Saint-Denis s’inscrit dans un contexte plus large, particulièrement alarmant. En 2024, 27 policiers ont mis fin à leurs jours en France, soit un décès par suicide toutes les deux semaines environ. Sur les vingt-cinq dernières années, ce sont plus de 1 100 agents de la police nationale qui ont commis l’irréparable.
Le dernier drame en date avait frappé en mars : un brigadier-chef de 37 ans, affecté au commissariat de Saint-Germain-en-Laye, s’était infligé de graves blessures à son domicile le 18 mars. Malgré l’intervention rapide des secours, il avait succombé à ses blessures à l’hôpital.
Ces chiffres témoignent d’une détresse profonde et durable au sein des forces de l’ordre, confrontées quotidiennement à des conditions de travail éprouvantes, à une charge émotionnelle intense et à un manque de ressources humaines chronique. Le dispositif SSPO, bien qu’existant, peine à répondre à l’ensemble des besoins exprimés ou tus par les agents.
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