Six survivalistes grenoblois arrêtés après avoir tenté de fabriquer des armes via une imprimante 3D. Trois comparaîtront pour association de malfaiteurs.

Grenoble : six survivalistes arrêtés pour tentative de fabrication d’armes avec une imprimante 3D
Six hommes aux profils atypiques ont été interpellés à Grenoble après plusieurs mois d’enquête. Persuadés qu’un conflit majeur était imminent, ils tentaient de produire eux-mêmes des armes à feu grâce à une imprimante 3D. Une première dans le département de l’Isère.
Une enquête de plusieurs mois aboutit à six arrestations
C’est au terme d’une investigation approfondie menée par la Division de la criminalité organisée et spécialisée (DCOS), sur instruction du parquet de Grenoble, que six hommes ont été interpellés le lundi 28 avril. Âgés de 33 à 69 ans, ces individus ne se connaissaient pas nécessairement dans un cadre formel, mais partageaient une même conviction : la société allait vers une catastrophe imminente, qu’il s’agisse d’un effondrement systémique ou d’une guerre civile, relate Ici Isère.
Le procureur de la République de Grenoble les décrit lui-même comme des “profils atypiques”, soulignant leur vision résolument pessimiste du monde contemporain et leur volonté de s’y préparer de manière autonome, en dehors de tout cadre légal.
Une imprimante 3D au service d’un projet armé
Pendant plusieurs mois, le groupe a entrepris de fabriquer ses propres armes à feu en utilisant une imprimante 3D. Le projet, ambitieux sur le papier, s’est heurté à une contrainte technique majeure : la fabrication d’un canon d’arme à feu fonctionnel nécessite du métal, un matériau que les imprimantes 3D grand public ne peuvent pas traiter de manière fiable pour un tel usage. Le projet n’a donc jamais pu aboutir pleinement.
Lors des perquisitions, les enquêteurs ont saisi la machine, des plans de fabrication d’armes de poing ainsi que plusieurs premiers prototypes non fonctionnels, découverts au domicile de l’un des mis en cause.
Des survivalistes fascinés par les armes, sans visée de trafic
Le mobile de ces hommes ne relevait pas du trafic d’armes ou d’un quelconque enrichissement personnel. Selon les éléments de l’enquête, ils entendaient conserver ces armes pour leur usage propre, afin d’être en mesure de se défendre en cas de conflit armé sur le territoire national. Leur démarche s’inscrivait dans une idéologie survivaliste marquée, doublée d’une fascination déclarée pour les armes à feu.
Il est à noter que deux des six suspects, les plus âgés du groupe, avaient déjà été condamnés par le passé pour des faits de braquage, ce qui n’a pas manqué de retenir l’attention des enquêteurs.
Des poursuites judiciaires différenciées
Sur les six hommes interpellés, trois ont été renvoyés devant le tribunal pour association de malfaiteurs. Les trois autres répondront quant à eux de détention d’armes relevant des catégories B et C. L’ensemble des mis en cause a été placé sous contrôle judiciaire dans l’attente de leur comparution, fixée au 24 juin prochain.
Le Service interdépartemental de la police judiciaire de l’Isère a précisé qu’il s’agissait d’une situation inédite sur son territoire : c’est la première fois qu’une affaire de ce type, mêlant survivalisme, fabrication artisanale d’armes et impression 3D, est portée devant la justice dans le département.
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