Un ancien boxeur condamné à 19 ans de réclusion pour avoir tué un homme de 58 ans de deux coups de poing lors des fêtes de Bayonne en juillet 2024.

Fêtes de Bayonne 2024 : 19 ans de réclusion pour le meurtre d’un festayré de 58 ans
Un ancien boxeur de 41 ans a été condamné par la cour d’assises des Pyrénées-Atlantiques à dix-neuf ans de réclusion criminelle pour avoir causé la mort d’un homme lors des fêtes de Bayonne en juillet 2024. Un verdict prononcé après deux jours d’audience à Pau, dans un climat particulièrement tendu.
Un homme tué de deux coups de poing dans une gare routière
Les faits remontent au 11 juillet 2024. En marge des festivités, un espace de gare routière avait été aménagé pour accueillir les navettes de l’événement. C’est dans un bus à l’arrêt qu’une dispute éclate entre l’accusé et un festayré âgé de 58 ans. La nature exacte du différend n’a jamais été totalement élucidée : l’homme évoquait initialement des propos à caractère raciste, avant de se rétracter au cours du procès.
La confrontation se poursuit à l’extérieur du véhicule. L’accusé, ancien pratiquant de boxe, porte deux coups de poing au visage de sa victime. Celle-ci s’effondre, inconsciente. Transportée d’urgence à l’hôpital, elle décède cinq jours plus tard des suites d’un grave traumatisme crânien et d’un œdème encéphalique majeur, comme l’a établi l’autopsie.
Un profil jugé particulièrement dangereux
Au moment des faits, l’accusé portait déjà un lourd passé judiciaire : dix-sept condamnations antérieures, notamment pour violences conjugales, violences avec arme et menaces de mort. Lors de ses réquisitions, l’avocate générale a requis vingt ans de réclusion criminelle, soulignant que l’homme « n’avait laissé aucune chance » à une victime décrite comme « alcoolisée, inoffensive et hors d’état de nuire ». Elle a également pointé son « absence totale de remise en question » et une « dangerosité criminologique » confirmée par les experts psychiatriques.
« Il a tué un homme pour rien », a-t-elle déclaré, estimant que c’est « la rage et la colère » qui avaient guidé les gestes de l’accusé.
La défense invoque une escalade verbale perçue comme une agression
Du côté de la défense, Me Nicolas Pulido a développé une tout autre lecture des événements. Selon l’avocat, son client s’était « senti agressé » face à une « escalade de violences verbales » qu’il aurait vécue comme une situation de « stigmatisation ». Un argumentaire qui n’a pas convaincu les jurés, qui ont finalement retenu une peine d’un an inférieure aux réquisitions, rapporte Le Parisien.
À l’annonce du verdict, l’accusé a proféré des menaces à l’encontre des parties civiles, contraint au calme par sa propre mère présente dans la salle d’audience.
Bayonne endeuillée deux années de suite
Ce drame rappelle douloureusement un précédent survenu lors de l’édition 2023 des fêtes de Bayonne. Un habitant du centre-ville avait alors été roué de coups après avoir interpellé un groupe de fêtards surpris en train d’uriner devant sa porte. Il était décédé des suites de ses blessures. Deux drames consécutifs qui interrogent sur les conditions de sécurité entourant cet événement populaire, qui attire chaque année plus d’un million de visiteurs.
(Merci Rudy van Cappellen)
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