L’association Stop Homophobie a déposé plainte à Paris contre Elon Musk après ses propos injurieux publiés en français sur X visant des magistrats français.

Elon Musk visé par une plainte pour homophobie à Paris après ses insultes contre des magistrats français
L’association Stop Homophobie a déposé plainte samedi à Paris contre le milliardaire américain Elon Musk, fondateur et patron de facto du réseau social X. Ses propos publiés en français sur sa propre plateforme, visant des juges français qui enquêtent sur lui, sont au cœur de la procédure.
Des propos jugés homophobes publiés en pleine tourmente judiciaire
C’est dans un contexte de tension croissante entre Elon Musk et la justice française qu’ont été publiés les messages incriminés, relate 20 Minutes. Réagissant à l’annonce d’une nouvelle étape dans les investigations le concernant, le milliardaire américain a choisi de s’exprimer directement en français sur X, usant de termes à caractère homophobe pour qualifier les magistrats chargés de l’enquête : « Ils sont plus faux qu’un euro en chocolat et plus pédés qu’un flamant rose en tutu fluo ! ». Des propos qui ont immédiatement suscité une réaction juridique.
L’avocat de Stop Homophobie, Me Étienne Deshoulières, a déposé une plainte pour injures publiques envers un groupe de personnes à raison de leur orientation sexuelle ou identité de genre. Selon lui, le caractère délictueux des propos est établi dès lors que « la charge injurieuse des termes utilisés rejaillit sur le groupe protégé par la loi ».
Stop Homophobie : une association juridiquement habilitée à agir
La plainte s’appuie également sur la légitimité statutaire de l’association. Stop Homophobie a en effet pour objet explicite la lutte contre l’homophobie, la lesbophobie, la biphobie et la transphobie, ce qui lui confère, selon son avocat, la qualité pour agir en justice afin de « combattre les discriminations fondées sur l’orientation sexuelle ou l’identité de genre ».
Ce n’est pas la première fois que l’association recourt à la voie pénale pour défendre ces droits. Son expertise judiciaire dans ce domaine lui permet de porter efficacement ce type de dossier devant les tribunaux.
Une instruction judiciaire déjà ouverte en France contre X
Cette plainte s’inscrit dans un contexte judiciaire déjà chargé pour la plateforme X en France. Le parquet de Paris a confirmé qu’un juge d’instruction est désormais saisi d’une enquête portant sur une éventuelle complicité de diffusion d’images pédopornographiques sur le réseau social, dans le prolongement d’investigations ouvertes en janvier 2025.
Mi-février, des enquêteurs avaient perquisitionné les locaux parisiens de X. La plateforme avait alors vivement contesté cette démarche, la qualifiant d’« acte judiciaire abusif » reposant sur des « motivations politiques », et affirmé ne pas se laisser « intimider ».
Musk et Yaccarino dans le viseur de la justice
Elon Musk n’est pas seul dans le collimateur des autorités françaises. Linda Yaccarino, ancienne directrice générale de X, est également mise en cause en sa qualité de dirigeante de droit de la plateforme au moment des faits reprochés. Elon Musk, lui, est visé comme gérant de fait.
Fin avril, le milliardaire avait ignoré une convocation de la justice française pour une audition libre. Une posture de défi qui se prolonge sur X, où il avait précédemment traité les magistrats français d’« attardés mentaux » — toujours en français — à la suite de la perquisition dans ses bureaux parisiens.
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