Une femme de 30 ans accuse des policiers de Sarcelles de violences et d’injures racistes lors de sa garde à vue. L’IGPN est saisie, le commissariat déjà sous enquête.

Commissariat de Sarcelles : une femme saisit l’IGPN pour violences, injures racistes et mise en danger
Une jeune femme de 30 ans a déposé plainte auprès de l’Inspection générale de la police nationale le 13 avril dernier, accusant des fonctionnaires du commissariat de Sarcelles, dans le Val-d’Oise, de violences physiques, d’injures à caractère racial et de mise en danger de sa vie. Une procédure qui s’ajoute à une autre enquête de l’IGPN ouverte quelques jours plus tard contre ce même commissariat pour des faits encore plus graves.
Une garde à vue après une dénonciation calomnieuse
Tout commence le 20 février 2026, relate Le Parisien. Anissa, 30 ans (le prénom a été modifié), se rend à la gare de Villiers-le-Bel avec son compagnon pour vendre un ordinateur portable. À peine la transaction engagée, ils sont interpellés par des policiers en civil. L’acheteur, apprendront-ils plus tard, aurait été mandaté par le propre frère d’Anissa, qui l’aurait piégée en la signalant aux autorités pour un appareil prétendument volé. Ce n’est pas la première fois : une garde à vue injustifiée avait déjà eu lieu le 23 septembre 2025, là encore à la suite d’une dénonciation du même frère.
« Ferme ta gueule » : le trajet vers le commissariat
Dans le véhicule de police, la situation dégénère rapidement selon le récit qu’Anissa a livré à l’IGPN. Le conducteur aurait adopté une conduite dangereuse, enchaînant accélérations brutales et slaloms entre les voitures avant de heurter un plot. Malgré quatre demandes répétées de ralentir, sa seule réponse aurait été de lui intimer de se taire. Son compagnon, entendu séparément par la police des polices, affirme que le même fonctionnaire aurait ajouté : « Si tu n’étais pas une fille, je t’aurais déjà frappée. » Selon la plaignante, ce policier aurait également proféré des insultes racistes, la qualifiant de « sale arabe qui volait pendant le ramadan ».
Au commissariat : cellule insalubre et coup de pied
Arrivée au commissariat, Anissa est placée dans une cellule de dégrisement, alors qu’elle affirme ne pas consommer d’alcool. Dans la nuit, elle demande à accéder à des toilettes propres, les siennes étant selon elle couvertes d’excréments. En s’approchant de la porte, elle reçoit un coup de pied d’un agent pour être repoussée. Lorsqu’elle réclame le numéro RIO du fonctionnaire — le matricule permettant d’identifier les policiers —, celui-ci l’insulte grossièrement. Le lendemain matin, l’officier de police judiciaire met fin à la garde à vue et classe l’affaire sans suite. Selon Anissa, ce même OPJ lui aurait confié que ces comportements ne l’étonnaient pas, et lui aurait conseillé de revenir déposer plainte. Cette démarche lui aurait été refusée à son retour.
L’IGPN saisie, la direction départementale réagit
La plainte d’Anissa, déposée auprès de l’IGPN le 13 avril, vise des chefs de « violences par personne dépositaire de l’autorité publique », d’« injure à caractère racial » et de « mise en danger de la vie d’autrui ». Le parquet de Pontoise confirme l’enregistrement de cette procédure. La direction interdépartementale de la police nationale (DIPN) du Val-d’Oise indique, de son côté, que les faits ont bien été portés à sa connaissance et que « des vérifications sont actuellement en cours ».
Un deuxième scandale frappe le même commissariat
Une semaine après la plainte d’Anissa, une autre affaire éclate. Un homme gardé à vue au commissariat de Sarcelles affirme avoir été frappé alors qu’il était menotté, puis violé avec une matraque. Une enquête de l’IGPN est ouverte. Le 21 avril, trois policiers sont placés en garde à vue, avant que celles-ci ne soient « levées pour poursuite d’enquête », selon le parquet de Pontoise.
Un frère violent, des plaintes sans réponse
Le contexte familial d’Anissa complexifie davantage l’affaire. Le 23 septembre 2025, interpellée après une nouvelle dénonciation de son frère — cette fois pour une agression au couteau contestée par les faits et démentie par leur père de 74 ans, présent ce soir-là — Anissa est menottée devant son père âgé, sans qu’aucune infraction ne soit établie. À sa libération le lendemain, elle découvre que son appartement a été entièrement détruit par un incendie durant sa garde à vue, et que son chat a péri dans les flammes. Elle accuse son frère d’être à l’origine du sinistre et dénonce n’avoir jamais été informée de l’incendie pendant sa détention. Ce lundi, son frère comparaît en justice pour des violences commises sur leur père.
« Que la justice fasse son travail »
Malgré de multiples signalements et plaintes — notamment pour dénonciation calomnieuse et incendie volontaire —, les réponses du parquet se font attendre. Le parquet de Pontoise reconnaît avoir été destinataire en février 2026 d’une plainte pour dénonciation calomnieuse, mais ne s’exprime pas sur les autres procédures. « Malgré nos multiples signalements, nous n’avons jamais obtenu de réponses du parquet. C’est incompréhensible », déplore l’avocate d’Anissa. La jeune femme, elle, reste déterminée : « Je ne demande pas de traitement de faveur, simplement que la justice fasse son travail en toute objectivité. »
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