Une femme de 25 ans enlevée à Strasbourg par deux hommes liés à la DZ Mafia : séquestrée, ligotée, une rançon de 600 000 € exigée. Deux suspects mis en examen.

Strasbourg : deux hommes mis en examen après l’enlèvement d’une jeune femme par des membres présumés de la DZ Mafia
Une femme de 25 ans a été enlevée en plein jour à Strasbourg fin mars, séquestrée et ligotée dans une camionnette abandonnée en forêt. Deux suspects, venus spécialement de Marseille, ont été interpellés et mis en examen. Derrière cette affaire : la nébuleuse criminelle de la DZ Mafia et une rançon astronomique de 600 000 euros.
Un enlèvement en pleine journée
Le 31 mars, vers 15 heures, une jeune femme de 25 ans est contrainte de monter de force dans un véhicule dans les rues de Strasbourg. Trois individus l’immobilisent, la ligotent et lui réclament une rançon. L’opération est rodée, méthodique — tout sauf improvisée.
La victime sera finalement retrouvée saine et sauve, ligotée à l’intérieur d’une camionnette garée dans une forêt située au sud de l’agglomération strasbourgeoise. Son calvaire aura duré plusieurs heures.
Des suspects venus de Marseille pour « faire leurs preuves »
Deux des trois auteurs présumés ont été rapidement interpellés, relate Jean-Marc Morandini. Selon les éléments de l’enquête, ils seraient originaires de Marseille et auraient effectué le déplacement dans le seul but de démontrer leur valeur et d’intégrer les rangs de la DZ Mafia, organisation criminelle d’envergure nationale bien implantée dans la cité phocéenne.
Début avril, les deux hommes ont été mis en examen pour enlèvement, séquestration et menaces de mort. L’affaire a été confiée à la juridiction interrégionale spécialisée (JIRS) de Nancy, compétente pour traiter les dossiers de criminalité organisée de grande envergure.
Une cible choisie pour ses fréquentations
La victime n’aurait pas été choisie au hasard. Les suspects l’auraient « ciblée » en raison de son entourage : l’un de ses proches, un homme résidant à Dubaï et présenté comme ayant « fait fortune dans la cryptomonnaie », était dans le viseur des ravisseurs. C’est à lui que la rançon de 600 000 euros aurait été réclamée.
Pour faire pression, les auteurs auraient menacé de mutiler la jeune femme — notamment de lui couper un doigt — afin de contraindre leur interlocuteur à payer. La victime a finalement été libérée sans blessure physique grave.
Une enquête sous la conduite de la JIRS de Nancy
L’instruction se poursuit sous l’autorité de la JIRS de Nancy. Le troisième suspect court toujours. Cette affaire illustre une nouvelle fois la capacité des réseaux criminels organisés à opérer bien au-delà de leurs territoires d’origine, exportant leurs méthodes de violence et d’intimidation jusque dans des villes comme Strasbourg, traditionnellement moins exposées à ce type de criminalité.
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