Condamné 27 fois, un détenu de 40 ans s’est évadé du quartier de semi-liberté de Douai pendant 44 jours. Il écope de 8 mois ferme.

Douai : en semi-liberté, il profite d’une formation pour disparaître pendant six semaines
Censé se rendre à une session de formation professionnelle, un détenu de 40 ans ne s’est tout simplement pas représenté à la maison d’arrêt de Douai. Retrouvé en état d’ivresse plus d’un mois plus tard, il vient d’être condamné à huit mois de prison ferme pour évasion.
Une fugue dissimulée derrière une formation professionnelle
Le dispositif de semi-liberté repose sur un principe simple : le détenu passe ses journées à l’extérieur — pour travailler, se former ou accomplir des démarches — et réintègre l’établissement pénitentiaire chaque soir. C’est précisément ce cadre qu’a exploité cet homme de 40 ans, incarcéré à la maison d’arrêt de Douai, relate La Voix du Nord.
Le 6 mars, il quitte l’établissement dans le cadre d’une formation destinée à favoriser son embauche à l’usine de batteries AESC. Il ne se présente pas à la session et, surtout, ne réintègre jamais sa cellule. Aucun signe de vie n’est adressé à l’administration pénitentiaire. La fuite dure quarante-quatre jours.
Retrouvé ivre à Auberchicourt
C’est à l’occasion d’un contrôle routier, le 19 avril à Auberchicourt, que les forces de l’ordre mettent fin à la cavale. Il est environ 15 heures. L’homme présente un taux d’alcoolémie de 1,6 gramme par litre de sang. Interrogé sur ses faits et gestes durant sa disparition, sa réponse reste vague : il dit être allé « à droite à gauche », reconnaissant au passage avoir cessé de prendre son traitement anxiolytique.
L’alcool n’est pas une découverte dans son parcours. Il consomme depuis plus de vingt ans, auxquels s’ajoutent des consommations de drogues dures qui, selon ses propres mots, l’entraînent vers de mauvaises fréquentations.
Un casier judiciaire chargé, un cercle vicieux reconnu
Condamné à vingt-sept reprises depuis 2004 — notamment pour des faits de violence commis en état d’ivresse, comme à Valenciennes en 2019 — le prévenu n’en est pas à sa première condamnation pour évasion. Face au tribunal, le président de séance, le juge Benoît Gineprino, ne cache pas son désarroi : « On est un peu à court d’idées avec vous, Monsieur. Vous vous sabotez complètement. Je ne sais pas comment on peut casser ce cercle vicieux. »
Le principal intéressé ne conteste pas ce constat. Il admet une existence « chaotique » qui, selon lui, empire depuis deux ans. Mais entre les aveux et les actes, le fossé reste entier.
Huit mois de prison ferme avec maintien en détention
Le tribunal correctionnel de Douai n’a disposé que d’options limitées face à ce profil de récidiviste. Le prévenu est condamné à huit mois d’emprisonnement ferme, assortis d’un maintien en détention immédiat. Une décision qui illustre, une nouvelle fois, les difficultés du système pénitentiaire à enrayer des trajectoires de récidive profondément ancrées.
(Merci Rudy van Cappellen)
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.






