Condamné à 30 ans de réclusion pour avoir attaqué son épouse avec une feuille de boucher à Nice, Saïd Boutaleb confirme sa peine en appel devant la cour d’assises du Var.

Trente ans de réclusion confirmés en appel pour un mari ultra-violent qui avait lacéré le visage de son épouse à Nice
Jugé en appel devant la cour d’assises du Var à Draguignan, Saïd Boutaleb a été condamné ce vendredi à 30 ans de réclusion criminelle pour tentative de meurtre sur son épouse Johanna. Une peine identique à celle prononcée en première instance, assortie d’une interdiction définitive du territoire français.
Une attaque d’une violence extrême dans l’appartement familial
Le 21 février 2022, à l’aube, dans un appartement de la rue Cavendish à Nice, Johanna est violemment agressée à son domicile. Son mari, Saïd Boutaleb, quadragénaire père de trois enfants, lui assène trois coups au visage avec une feuille de boucher. Les blessures sont dévastatrices : six plaques en fer et une multitude de vis sont aujourd’hui nécessaires pour maintenir la mâchoire de la jeune femme. « Je ne peux toujours pas manger de ce côté, ni souffler dans un ballon », confie-t-elle, des années après les faits, relate Nice matin.
L’agression se serait déroulée alors que la victime dormait. Elle ne présente aucune lésion de défense. Avant que le traumatisme n’efface cet épisode de sa mémoire, elle aurait confié à une amie avoir été attaquée durant son sommeil.
Quatre ans de déni avant un aveu tardif
Pendant quatre ans, Saïd Boutaleb avait nié avoir utilisé la feuille de boucher, tout en reconnaissant avoir frappé son épouse à l’issue d’une dispute. Cette version, maintenue lors de son premier procès devant la cour d’assises des Alpes-Maritimes en juin 2025, n’a cédé qu’à l’ouverture de son procès en appel, le mercredi précédant le verdict.
Son avocat, Me Bruno Rebstock, a salué cet aveu de dernière heure, estimant qu’il « permet d’aller à l’essentiel » et témoigne d’une volonté de minimiser sa responsabilité morale, « ce qui est humain ». Mais pour l’avocat général Pierre Cortès, les déclarations de l’accusé relevaient davantage de « mensonges en cours d’adaptation » que d’une véritable prise de conscience.
Une relation marquée par l’emprise et les violences depuis 2014
L’avocate de la partie civile, Me Pauline Rongier, a retracé le parcours d’un couple miné par les violences conjugales « dès le début, dès 2014 ». Elle a qualifié l’agression de « crime de propriétaire, pas d’amour », soulignant la logique d’emprise et de domination qui sous-tendait cette relation.
L’avocat général a insisté sur le caractère prémédité de l’attaque : les voisins, habitués aux disputes du couple, n’ont rien entendu cette nuit-là. La victime dormait, sans défense. Ce « processus mortifère », selon ses termes, avait atteint son point culminant ce matin de février 2022.
La défense a néanmoins tenté de nuancer l’intention homicide. « Il aurait pu aller au bout, surtout avec une feuille de boucher. Il ne l’a pas fait », a plaidé Me Rebstock, reconnaissant toutefois que la nature de l’arme rendait difficile toute contestation juridique de ladite intention.
Trente ans ferme et interdiction définitive du territoire
Après quatre heures de délibéré, les jurés varois ont rendu un verdict sans appel. Saïd Boutaleb est reconnu coupable de tentative de meurtre par conjoint et condamné à 30 ans de réclusion criminelle, avec une période de sûreté des deux tiers. À l’issue de sa peine, il fera également l’objet d’une interdiction définitive du territoire français.
Cette peine est strictement identique à celle prononcée l’année précédente à Nice. La justice, cette fois, a parlé d’une seule voix.
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Zéro compassion pour elle.
Zéro compassion pour lui