Condamné à 10 ans de réclusion pour avoir frappé son cambrioleur à coups de piolet, Gaël Prêtre a été acquitté de tentative de meurtre mais reconnu coupable de violences graves.

Haute-Vienne : dix ans de prison pour avoir frappé son cambrioleur à coups de piolet
Acquitté de tentative de meurtre mais condamné à dix ans de réclusion criminelle pour violences en récidive ayant entraîné une infirmité permanente : tel est le verdict rendu par la cour d’assises de la Haute-Vienne dans l’affaire Gaël Prêtre, propriétaire qui avait frappé un cambrioleur à douze reprises avec un piolet en pleine nuit.
Une nuit de cambriolage qui vire au drame
Tout commence aux alentours de deux heures du matin. Gaël Prêtre, 53 ans, est réveillé par des bruits inhabituels dans sa propriété. Deux hommes se sont introduits sur son terrain, persuadés que la maison et le fourgon garé à proximité — rempli d’outils — étaient abandonnés. L’un des deux intrus prend rapidement conscience de sa méprise et tente de fuir, avant de se perdre dans les ronciers à proximité.
Le second, âgé de 32 ans au moment des faits, attend sur le chemin longeant la propriété, ignorant que le propriétaire des lieux fonce dans sa direction.
Douze coups de piolet, une vie brisée
Ce que fait Gaël Prêtre ensuite va s’avérer au cœur de trois jours d’audience. Il s’empare d’un piolet et frappe le jeune homme à douze reprises à la tête, utilisant tour à tour la pointe, le tranchant et le plat de l’outil. Selon ses propres déclarations à la barre, la lame s’est enfoncée dans le crâne de sa victime à plusieurs reprises, au point qu’il a dû forcer pour la dégager. Le cambrioleur survivra, mais conservera une infirmité permanente.
Légitime défense ou vengeance : le cœur du débat
Devant la cour d’assises, la défense a plaidé l’état de choc et la légitime défense. L’avocate de Gaël Prêtre a insisté sur l’état d’esprit de son client cette nuit-là, convaincu d’être tombé dans un guet-apens, ignorant où se trouvait le second intrus. « Imaginez. Vous êtes seul chez vous, dans votre lit, il est deux heures du matin… », a-t-elle lancé aux jurés pour susciter l’empathie.
L’avocate générale a cependant balayé cet argument point par point, s’appuyant sur les textes du Code pénal. Selon elle, la riposte n’était ni nécessaire ni proportionnée : les voleurs avaient déjà pris la fuite, et c’est le propriétaire qui leur a couru après. Elle a requis quinze ans de réclusion criminelle assortis d’un suivi sociojudiciaire de cinq ans.
Le verdict : dix ans ferme, les voleurs écopent de sursis
Après six heures de délibéré, la cour et les jurés ont rendu un verdict nuancé. Gaël Prêtre est acquitté du chef de tentative de meurtre, mais condamné à la majorité absolue à dix ans de réclusion criminelle pour violences en récidive ayant entraîné une infirmité permanente. Des peines complémentaires complètent la sanction : interdiction de détenir ou de porter une arme pendant dix ans, et privation du droit d’éligibilité pour la même durée.
Les deux cambrioleurs, eux, s’en tirent avec dix mois d’emprisonnement avec sursis.
À la sortie de l’audience, Gaël Prêtre n’a pas mâché ses mots : « C’est une infamie du début à la fin cette mascarade. »
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