Trente ans de prison pour l’homme qui avait égorgé une étudiante en médecine à Montpellier en 2024. Retour sur un procès marquant aux assises de l’Hérault

Montpellier : trente ans de réclusion pour l’homme qui avait lacéré la gorge d’une étudiante en médecine en pleine rue
Une nuit de juillet 2024, une jeune femme brillante rentrait chez elle dans le quartier des Arceaux lorsqu’un inconnu l’a attaquée par-derrière avec un cutter, lui infligeant une plaie profonde à la gorge. Deux ans plus tard, la cour d’assises de l’Hérault a rendu son verdict : trente ans de réclusion criminelle, assortis d’une peine de sûreté de dix-huit ans.
Une attaque d’une violence extrême en plein cœur de Montpellier
Dans la nuit du 3 au 4 juillet 2024, aux alentours de deux heures et demie du matin, Madeleine, étudiante en médecine, traversait le quartier résidentiel des Arceaux à Montpellier. Soulaïmana Imbririki, alors âgé de 28 ans, originaire de Mayotte et en situation d’errance depuis deux ans dans la ville, l’a approchée par-derrière avant de lui porter un violent coup de cutter au niveau de la gorge, rappelle Le Midi libre.
La jeune femme a survécu de justesse. Seule dans la rue, elle est parvenue à comprimer elle-même sa blessure pour endiguer l’hémorragie, dans un geste qui lui a sans doute sauvé la vie. Sa présence d’esprit et son sang-froid, remarquables dans un tel état de choc, ont été salués tout au long du procès.
Un profil inquiétant, déjà signalé avant les faits
Ce qui a particulièrement pesé dans les débats, c’est le passé de l’accusé. En 2024, quelques semaines avant l’agression, Soulaïmana Imbririki avait déjà été interpellé pour avoir suivi et importuné des femmes aux abords de la place de la Comédie. Le psychiatre mandaté à l’époque lors de sa garde à vue avait alors formellement mentionné, dans son rapport écrit, un risque de récidive significatif.
Devant la cour, ce même expert a précisé que la conduite de l’accusé comportait une dimension à caractère sexuel, et que ce risque de passage à l’acte était loin d’avoir disparu. Selon lui, la personnalité de l’accusé est désormais structurée de façon durable, rendant toute évolution particulièrement incertaine, même si elle n’est pas totalement exclue.
Une défense isolée face à un acte jugé inexplicable
Seule à défendre Soulaïmana Imbririki, son avocate, Maître Virginie Manzi, a tenté de contextualiser le geste de son client en soulignant le gouffre social qui le sépare de sa victime : d’un côté, une jeune femme entourée, soutenue, avec un avenir tracé ; de l’autre, un homme seul, sans repères ni réseau affectif, livré à lui-même depuis son arrivée sur le continent.
Elle a également insisté sur l’absence de préméditation, relevant que l’accusé avait agi impulsivement, sans intention délibérée de tuer. Une nuance que la cour a entendue, sans pour autant l’ériger en circonstance atténuante déterminante face à la gravité des faits.
L’avocat général : une affaire “au haut du spectre de la gravité”
L’avocat général Pierre Denier n’a pas mâché ses mots lors de son réquisitoire. Qualifiant cette affaire de l’une des plus graves qu’il ait eu à traiter en cour d’assises, il a réclamé trente ans de réclusion criminelle, exprimant une vive inquiétude quant à la possibilité que l’accusé puisse un jour se retrouver en mesure de récidiver. La protection de la société a été placée au cœur de son argumentation.
À l’issue des débats, Soulaïmana Imbririki n’a eu qu’un message à adresser à celle qu’il avait failli tuer : il a exprimé l’espoir que le temps lui permette d’aller mieux et de réussir sa vie. Des mots qui ont résonné de façon glaçante dans la salle d’audience.
Une survivante marquée à vie, un verdict alourdi
La partie civile, représentée par la bâtonnière Iris Christol, avait auparavant brossé un tableau saisissant des séquelles psychologiques de Madeleine. La jeune femme n’ose plus sortir seule le soir. Elle vit avec l’image obsédante d’un trottoir recouvert de sang. Une colère sourde, impossible à éteindre, a remplacé l’insouciance de ses années d’études.
Après deux heures de délibéré, la cour d’assises de l’Hérault a rendu un verdict plus sévère encore que les réquisitions : trente ans de réclusion criminelle, conformément à ce qui avait été demandé, mais assortis d’une peine de sûreté portée à dix-huit ans — signifiant que l’accusé ne pourra solliciter aucun aménagement de peine avant d’en avoir purgé les deux tiers.
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Le goût amer de savoir qu’on va loger et nourrir ce déchet pendant des années.
Tout à fait d’accord, pour se genre d’individus il n’y a que la peine de mort, c’est trop facile d’avoir des pulsions et ensuite de ne pas comprendre ses gestes!
C’est clair.