Un incendie criminel ravage un immeuble de 9 étages à Valence le 29 juin. 14 blessés, 75 pompiers mobilisés. La piste du narcotrafic confirmée par le procureur.

Incendie criminel à Valence : 14 blessés, le narcotrafic au cœur de l’enquête
Un violent incendie d’origine criminelle a embrasé dans la nuit du dimanche au lundi un immeuble de neuf étages situé route de Montélier à Valence. Quatorze personnes ont été hospitalisées. Le procureur de la République confirme l’utilisation d’un produit incendiaire et oriente les investigations vers une guerre de territoire liée au trafic de stupéfiants.
Un réveil brutal pour les résidents
C’est aux alentours de quatre heures du matin, ce lundi 29 juin, que le feu s’est déclaré au 111 route de Montélier, dans un immeuble de neuf étages au cœur de Valence, dans la Drôme. Rapidement, les flammes se sont propagées à l’intérieur du bâtiment, piégeant de nombreux occupants dans leurs appartements. Certains résidents, coupés par la fumée dense qui envahissait les couloirs et les escaliers, n’ont pu fuir par leurs propres moyens, relate Le Dauphiné.
Un habitant du cinquième étage, évacué avec son épouse grâce à la nacelle des sapeurs-pompiers, témoigne : les voies d’évacuation intérieures étaient totalement impraticables. Il révèle également qu’une semaine avant le drame, il avait déjà alerté les services de secours après avoir détecté une forte odeur d’essence dans la cage d’escalier — un détail qui prend désormais tout son sens à la lumière de la piste criminelle confirmée.
Bilan : 14 blessés, 10 personnes indemnes, des dizaines de relogements
Au total, 24 personnes ont été recensées comme victimes de cet incendie. Parmi elles, quatorze ont été transportées vers les établissements de soins les plus proches, notamment les hôpitaux de Valence et de Romans-sur-Isère, ainsi que la clinique Pasteur. Leurs blessures sont décrites comme légères. Les dix autres occupants impliqués sont ressortis indemnes de l’intervention.
Soixante-quinze sapeurs-pompiers ont été déployés sur les lieux, appuyés par des équipes du Smur. Plusieurs résidents, bloqués en hauteur par la fumée, ont dû être secourus par voie aérienne. Une fois l’incendie maîtrisé, les habitants ont été autorisés à retourner dans leurs logements accompagnés de pompiers afin de récupérer leurs effets personnels. La route de Montélier, fermée durant toute la durée de l’intervention, a été rouverte à la circulation peu après 8h30.
La ville mobilisée pour les sinistrés
Présent sur place dès les premières heures, Nicolas Daragon, maire de Valence, a annoncé une prise en charge immédiate des résidents déplacés. La municipalité s’engage à assurer le relogement d’urgence des sinistrés dans l’attente que leurs assurances prennent le relais. Au-delà des résidents directement touchés, l’incendie a également perturbé le secteur environnant : des enseignants du lycée Montesquieu s’interrogeaient sur la possibilité pour leurs élèves d’accéder à l’établissement pour passer les épreuves du brevet, tandis qu’un filtrage policier a été mis en place pour permettre aux poids lourds d’atteindre la plateforme de La Poste de Valence.
La piste criminelle officiellement confirmée
C’est la confirmation qui transforme ce drame en affaire criminelle majeure. Laurent de Caigny, procureur de la République de Valence, a formellement établi que l’incendie est d’origine volontaire, un produit incendiaire ayant été utilisé pour déclencher le feu. Selon le magistrat, le mode opératoire retenu est qualifié d’« extrêmement grave ».
L’enquête, ouverte pour incendie volontaire ayant entraîné des blessures — une qualification criminelle —, s’oriente vers une piste précise : une guerre de territoire liée au narcotrafic. Les investigations sont confiées à la police nationale, qui cherche désormais à identifier les auteurs de cet acte délibéré perpétré au cœur d’un immeuble résidentiel.
Cet incendie criminel s’inscrit dans un contexte national de plus en plus préoccupant, où les règlements de comptes liés au trafic de stupéfiants débordent régulièrement sur la vie des habitants, faisant des riverains innocents les premières victimes de ces violences.
(Merci Yann Bourguignon)
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