Près de 5 000 policiers ont manifesté à Paris le 30 juin 2026 devant Bercy pour réclamer de meilleurs salaires et dénoncer leurs conditions de travail dégradées.

Salaires, primes, conditions de travail : des milliers de policiers font entendre leur colère devant Bercy
Ils sont venus de toute l’Île-de-France pour dire stop. Ce mardi 30 juin 2026, environ 5 000 fonctionnaires de la police nationale ont envahi les abords du ministère de l’Économie, à Paris, sous l’impulsion des syndicats Alliance Police Nationale et Unité SGP Police. Leur message est clair : sans réponse concrète du gouvernement, la mobilisation reprendra — et plus fort encore — à la rentrée 2026.
Une mobilisation massive au cœur de Paris
C’est à l’heure du déjeuner que le cortège s’est formé devant le ministère de l’Économie, à Bercy, relate Europe 1. Des centaines de pancartes ont fleuri parmi les rangs des manifestants, dont l’une résume à elle seule le sentiment général : “Stop au mépris, on veut de meilleurs salaires.” Le défilé, pacifique mais déterminé, a ensuite rejoint une antenne du ministère de l’Intérieur, symbole d’une revendication adressée directement aux décideurs politiques.
La participation, estimée à près de 5 000 fonctionnaires, témoigne d’un malaise profond et durable au sein de la police nationale. Les agents dénoncent non seulement des rémunérations jugées insuffisantes, mais aussi une attractivité en berne pour certaines filières et des services fonctionnant à flux tendu, avec des moyens matériels et humains en deçà des besoins réels.
Des primes contestées et un sentiment d’abandon
Parmi les griefs les plus concrets figure la question des primes. Yoann Maras, délégué national d’Alliance Police Nationale, a détaillé les points de blocage : la revalorisation de la prime de fidélisation spécifique à l’Île-de-France tarde à se concrétiser, tandis que des agents ont été écartés, de manière jugée arbitraire, du bénéfice de nouvelles primes pourtant destinées aux policiers de la voie publique et aux personnels de l’investigation. “On demande à ce que ces collègues soient raccrochés”, a-t-il insisté, soulignant l’urgence d’une régularisation de ces situations individuelles.
Au-delà des chiffres, c’est un sentiment d’injustice qui s’exprime : celui d’une profession exposée, sous pression permanente, et qui ne se sent ni entendue ni reconnue à sa juste valeur par les autorités budgétaires.
Une menace de mobilisation nationale à la rentrée
Les organisateurs de la manifestation ont formulé un avertissement sans ambiguïté : si aucune réponse satisfaisante n’est apportée d’ici la fin de l’été, les syndicats appellent à une nouvelle action à la rentrée de septembre 2026, avec l’ambition d’une participation encore plus large et d’une dimension potentiellement nationale. Cette perspective place le gouvernement face à une échéance politique sensible, à un moment où la question du pouvoir d’achat des fonctionnaires reste un sujet particulièrement explosif.
La mobilisation de ce 30 juin marque ainsi peut-être le début d’un rapport de force durable entre les forces de l’ordre et leur tutelle budgétaire, dans un contexte général de tensions sociales persistantes au sein de la fonction publique.
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