Surpopulation, chaleur extrême, violences : 108 détenus de Nîmes et la mère d’un défunt saisissent la justice.

Maison d’arrêt de Nîmes : 108 détenus et une mère endeuillée saisissent la Cour de justice de la République
Une procédure judiciaire d’ampleur vise désormais la maison d’arrêt de Nîmes. Cent huit détenus, représentés par deux avocats nîmois, dénoncent des conditions de détention jugées inhumaines. Une mère, dont le fils s’est suicidé en cellule en 2025, rejoint ce combat pour obtenir des réponses.
Une plainte collective pour non-assistance à personne en danger
Ce mercredi, deux avocats du barreau de Nîmes ont annoncé lors d’une conférence de presse le lancement d’une action judiciaire d’envergure, rapporte Le Midi libre. Maître Khadija Aoudia, spécialisée en droit pénal, et Maître Arnaud Lemoine, expert en droit administratif, portent la voix de 108 détenus de la maison d’arrêt nîmoise.
Les deux professionnels du droit ont confirmé leur intention de déposer une plainte pour non-assistance à personne en danger. Cette démarche vise directement l’administration pénitentiaire, accusée de laisser perdurer des conditions de vie jugées insoutenables.
Surpopulation extrême et chaleur insupportable
L’établissement affiche une surpopulation : près de 780 détenus y sont actuellement incarcérés, alors que sa capacité théorique est de 340 places. Cette situation, plus du double de la capacité initiale, aggraverait considérablement les conditions de détention.
Selon Maître Aoudia, les détenus rapportent une chaleur “ressentie de près de 50 degrés” dans les cellules, rendant le quotidien carcéral difficilement supportable. À cela s’ajoutent une promiscuité constante, avec des sanitaires situés à proximité immédiate des espaces de vie, ainsi qu’une présence récurrente de nuisibles, insectes et rongeurs notamment.
Violences et climat de déshumanisation
L’avocate évoque également un climat de violences généralisé au sein de l’établissement. Les affrontements entre détenus se multiplieraient, tandis que certains témoignages font état d’abus sexuels en milieu carcéral.
Ce climat délétère n’épargnerait pas non plus le personnel pénitentiaire, confronté lui aussi à la chaleur extrême et régulièrement exposé à des violences verbales, voire physiques. Maître Aoudia parle d’une “déshumanisation” globale touchant l’ensemble des personnes présentes dans l’enceinte, qu’elles soient détenues ou employées de l’administration.
Une double procédure judiciaire engagée
La stratégie juridique des deux avocats repose sur deux volets distincts. D’une part, une saisine de la Cour de justice de la République (CJR) vise à obtenir l’ouverture d’une enquête par la commission d’instruction compétente. D’autre part, une procédure parallèle sera engagée devant le tribunal administratif de Nîmes.
Au 8 juillet, 108 plaintes de détenus avaient été recensées par les deux avocats. Ce nombre devrait encore augmenter d’ici la fin du mois de juillet, de nouveaux témoignages continuant d’affluer. En cas de refus de la CJR d’ouvrir une instruction, Maîtres Aoudia et Lemoine ont averti qu’ils porteraient l’affaire devant la Cour européenne des droits de l’homme.
Le combat d’une mère après le suicide de son fils
Parmi les personnes rejoignant cette procédure collective figure la mère d’un détenu qui s’est donné la mort en mars 2025, en se pendant avec un drap dans sa cellule. Partagée entre dépression et colère, cette mère réclame désormais des explications à l’administration pénitentiaire.
Elle affirme que son fils, qui souffrait d’un trouble psychologique, n’aurait jamais dû se trouver en situation de pouvoir mettre fin à ses jours en détention. Une plainte pénale déposée à Nîmes après ce drame aurait été classée, selon Maître Aoudia. La mère a donc décidé de se joindre aux 108 détenus pour dénoncer publiquement l’environnement carcéral qu’elle juge responsable de la mort de son fils.
Silence du côté du ministère de la Justice
Sollicité pour recueillir une réaction officielle sur cette situation, l’entourage du ministre de la Justice n’a pas souhaité s’exprimer à ce stade.
(Merci Rudy van Cappellen)
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On ne les a pas obligé a être là