Un détenu blesse un auxiliaire à la lame de rasoir près de Montpellier pour une cigarette refusée. Les syndicats dénoncent l’urgence psychiatrique en prison.

Un détenu blesse un auxiliaire à la lame de rasoir pour une cigarette refusée près de Montpellier
Ce dimanche soir, au centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, un auxiliaire d’étage a été violemment agressé par un détenu armé d’une lame de rasoir. Une nouvelle scène de violence qui relance les inquiétudes syndicales sur la gestion des profils psychiatriques en détention.
Une agression pour un motif futile
Ce dimanche 19 juillet 2026, vers 17h30, une nouvelle scène de violence a secoué le centre pénitentiaire de Villeneuve-lès-Maguelone, situé au sud de Montpellier. Lors de la distribution du repas du soir, un auxiliaire d’étage a ouvert la cellule d’un détenu pour lui remettre son plateau-repas, relate Métropolitain.
L’échange a rapidement dégénéré. Le prisonnier, qui réclamait une cigarette, s’est vu refuser sa demande conformément au règlement pénitentiaire. Dans un accès de violence, il a alors bousculé l’agent avant de le blesser à coups de lame de rasoir, notamment au cou et à la nuque.
Intervention rapide et mise à l’isolement
Selon les syndicats FO Justice et Ufap Unsa, qui ont confirmé ces informations ce lundi 20 juillet, la réaction du personnel a permis d’éviter le pire. La porte de la cellule a été immédiatement refermée, puis une équipe d’intervention équipée de tenues pare-coups s’est chargée de maîtriser le détenu agresseur avant de le conduire au quartier disciplinaire.
L’auxiliaire blessé a été rapidement pris en charge et recousu à l’infirmerie par un médecin de l’établissement. Aucun autre membre du personnel n’a été physiquement touché lors de cette intervention.
Un détenu en attente de procès, connu pour des troubles psychiatriques
Âgé de 31 ans, l’agresseur est actuellement en détention provisoire dans l’attente d’un procès pour des faits criminels graves, incluant des violences avec arme et des menaces à caractère discriminatoire envers des représentants de l’autorité publique.
L’homme est connu des services pénitentiaires pour souffrir de troubles mentaux sévères, notamment une schizophrénie, ayant nécessité plusieurs hospitalisations sous contrainte en unité psychiatrique spécialisée. Son casier judiciaire fait également état de multiples condamnations pour vols aggravés et violences.
Les syndicats réclament des établissements adaptés
Un délégué local de l’Ufap Unsa Justice a dénoncé, ce lundi, « la recrudescence de profils psychiatriques non adaptés à la détention classique », plaidant pour la création d’établissements spécialisés capables de mieux protéger le personnel tout en adaptant la prise en charge des détenus violents ou malades psychiatriques.
De son côté, FO Justice a qualifié cette agression de « tentative d’homicide volontaire », estimant que l’établissement a « une nouvelle fois frôlé le drame absolu ». Le parquet de Montpellier devrait toutefois retenir la qualification de violences volontaires avec arme sur une personne dépositaire de l’autorité publique.
Une situation jugée intenable
Un délégué syndical de FO a alerté sur l’explosion du nombre de détenus jugés « dangereux, imprévisibles et ultra-violents », nécessitant désormais des protocoles de sécurité renforcés, notamment pour l’ouverture des cellules. Il a averti : « Aujourd’hui, un auxiliaire a été touché de la nuque à la gorge, demain ce sera un agent. »
Les deux syndicats réclament un transfert sans délai du détenu vers un autre établissement, ainsi qu’un accompagnement renforcé pour les agents présents lors de l’agression. Certains d’entre eux avaient déjà été confrontés, quelques jours plus tôt, à un autre incident grave dans le même quartier de détention.
Un débrayage national en soutien
Ce lundi matin à 6h30, un débrayage de 15 minutes a été observé devant l’établissement, en solidarité avec un mouvement national touchant l’ensemble des centres pénitentiaires du territoire. Ce mouvement fait également écho à la situation du centre de Condé-sur-Sarthe, où le tribunal administratif de Caen a récemment ordonné au ministère de la Justice de faire cesser de présumées pratiques humiliantes envers les détenus.
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