Deux animateurs du centre de loisirs de Biarritz en garde à vue pour viol et agressions sexuelles présumés sur au moins 13 enfants de 3 à 4 ans.

Biarritz : deux animateurs d’un centre de loisirs placés en garde à vue pour viol et agressions sexuelles présumés sur des enfants
Deux hommes de 21 et 36 ans, employés du centre de loisirs communal Mouriscot, sont soupçonnés d’avoir agressé sexuellement au moins treize enfants âgés de 3 à 4 ans. L’enquête, ouverte par le parquet de Bayonne, pourrait encore s’étoffer dans les prochains jours.
Une interpellation matinale et une enquête déjà lourde
Ce mardi 21 juillet, à 8 heures du matin, deux animateurs du centre de loisirs Mouriscot de Biarritz ont été interpellés puis conduits au commissariat de la ville pour y être placés en garde à vue, relate Ici Pays basque. Selon Jeanne François, vice-procureure de la République au parquet de Bayonne, les deux hommes sont entendus pour des faits de viol et d’agressions sexuelles commis sur de très jeunes enfants, âgés de 3 à 4 ans, scolarisés dans les établissements de la commune.
L’un des suspects, âgé de 36 ans, occupe son poste depuis deux ans au sein de la structure municipale. Le second, âgé de 21 ans, avait été recruté comme saisonnier par la ville de Biarritz pour la période estivale. Les faits reprochés se seraient déroulés entre le 6 et le 17 juillet, une fenêtre temporelle que la magistrate n’exclut pas de voir s’élargir au fil de l’enquête.
À ce stade, quatre plaintes ont formellement été déposées, mais treize situations distinctes ont déjà été recensées par les enquêteurs, dont un cas de viol identifié. La vice-procureure souligne la complexité particulière de ce dossier, liée directement à l’âge des victimes et à leur capacité limitée à s’exprimer et à relater les événements vécus.
Un protocole spécialisé pour recueillir la parole des enfants
Face à la difficulté de faire témoigner des enfants aussi jeunes, les premières auditions ont été menées selon un protocole strict, au sein de l’Unité d’Accueil Pédiatrique Enfants en Danger (UAPED) de l’hôpital de Bayonne. Les quatre premiers enfants entendus ont ainsi été accompagnés par un médecin légiste, une psychologue spécialisée et une enquêtrice dédiée du commissariat, afin de limiter le traumatisme lié à l’exercice tout en préservant la fiabilité des témoignages recueillis.
Le parquet indique qu’une extension de l’enquête pour corruption de mineur pourrait également être envisagée dans un second temps, selon l’évolution des investigations. La garde à vue des deux suspects devait se poursuivre jusqu’au mercredi 22 juillet, avant un probable déferrement suivi d’une mise en examen. Les enquêteurs n’ont pour l’instant pas déterminé si les deux hommes ont agi de manière concertée.
La mairie de Biarritz suspend les deux agents et active un dispositif de soutien
Dans une lettre adressée aux familles le lundi 20 juillet, le maire de Biarritz, Serge Blanco, a confirmé avoir suspendu de leurs fonctions les deux agents municipaux visés par la procédure judiciaire, dès la fin de la semaine précédente. La municipalité a par ailleurs annoncé son intention de se constituer partie civile dans ce dossier.
L’édile a insisté sur l’accompagnement des familles concernées, évoquant “le choc légitime” ressenti par les parents et la mise en place immédiate, dès ce mardi 21 juillet, de dispositifs d’écoute. Les parents peuvent ainsi être reçus en mairie tous les jours de 9h à 12h30 et de 13h30 à 17h. Deux psychologues, dont l’une intervenant habituellement en lien avec les crèches de la ville, sont mobilisées pour recevoir les familles, qui peuvent également se tourner vers l’unité de victimologie du centre hospitalier de la Côte basque, à Bayonne.
Un écho troublant avec l’affaire de Tarnos
Ce dossier biarrot intervient quelques semaines seulement après une affaire similaire survenue à Tarnos, dans les Landes, début juillet. Un animateur d’un centre de loisirs de la commune avait alors été mis en examen et placé en détention provisoire pour des faits de viols et agressions sexuelles sur des enfants. Deux affaires distinctes, mais qui interrogent une nouvelle fois sur les dispositifs de contrôle et de prévention au sein des structures d’accueil de l’enfance.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





