Autriche : la maison natale d’Adolf Hitler, longtemps lieu de pèlerinage néo-nazi, devient un commissariat et un centre de formation aux droits de l’homme.

Autriche : la maison natale d’Adolf Hitler transformée en commissariat
À Braunau am Inn, petite ville autrichienne frontalière de la Bavière, la maison où naquit Adolf Hitler en 1889 a rouvert ses portes ce mercredi sous une toute nouvelle fonction : celle d’un commissariat de police, doublé d’un centre de formation aux droits de l’homme.
Une bâtisse chargée d’histoire
Située rue Salzburger Vorstadt, à quelques mètres de la place centrale de Braunau am Inn, cette maison de 800 mètres carrés répartis sur deux étages a vu naître le dictateur nazi en avril 1889. Il y a vécu ses cinq premières années, avant que sa famille ne s’installe en Allemagne, relate Cnews.
Au fil des décennies suivantes, le bâtiment a connu plusieurs vies : banque, bibliothèque municipale, puis centre pour personnes en situation de handicap. En 2019, l’État autrichien a mis un terme à un long contentieux avec la famille propriétaire en acquérant définitivement les lieux.
Un lieu devenu encombrant
Cette acquisition répondait à une préoccupation grandissante des autorités autrichiennes. La maison attirait en effet une curiosité touristique certaine, mais surtout les visites répétées de militants néo-nazis, qui en avaient fait un véritable lieu de pèlerinage.
Face à ce constat, une commission d’experts a été chargée de trancher sur l’avenir du bâtiment. La piste de la démolition a rapidement été écartée, la commission estimant que l’Autriche ne devait pas « nier l’histoire du lieu ».
Une rénovation à 20 millions d’euros
La décision finale s’est portée sur une double vocation : un commissariat de police, associé à un centre de formation aux droits de l’homme destiné aux forces de l’ordre. Les travaux de restauration ont débuté en 2023, pour un coût total estimé à 20 millions d’euros, selon le magazine allemand Der Spiegel.
L’architecture du bâtiment a été profondément modifiée : un étage supplémentaire a été ajouté, la toiture entièrement rénovée, et les murs autrefois jaunes ont été repeints en blanc. Une transformation pensée pour neutraliser la charge symbolique de l’endroit.
Un devoir de mémoire préservé
Si la maison elle-même a changé de visage, l’histoire n’est pas pour autant effacée. À quelques mètres du bâtiment, une stèle commémorative rappelle la portée du lieu. On peut y lire cette inscription : « Pour la paix, la liberté et la démocratie. Plus jamais de fascisme. Des millions de morts nous exhortent à nous souvenir. »
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