Sophie Straat provoque une nouvelle polémique à Gand en invitant les “hommes blancs” à reculer. Unia tranche : liberté d’expression artistique.

Sophie Straat de nouveau critiquée après ses propos controversés à Gand
La chanteuse néerlandaise Sophie Straat suscite une vive polémique après son concert donné lundi au festival Boomtown, à Gand. Sur scène, l’artiste a invité les « hommes blancs » à reculer pour laisser la place aux femmes, aux personnes queer et aux personnes de couleur, provoquant près de 200 signalements auprès des organismes belges de lutte contre les discriminations.
Un appel lancé en plein concert
Juste avant d’interpréter son titre De witte duif (La colombe blanche), Sophie Straat s’est adressée directement à son public, relate Le Figaro. « Tous les hommes blancs à l’arrière ! C’est l’heure des filles, des queers, des personnes de couleur », a-t-elle déclaré, avant d’insister : « Plus de temps pour la nuance : il est déjà trop tard, bien trop tard pour la nuance. Tous les hommes blancs au fond ! »
Plusieurs spectatrices se sont alors avancées vers les premiers rangs, tandis que le public réagissait de façon partagée, mêlant applaudissements et étonnement.
Une controverse déjà connue aux Pays-Bas
Ce n’est pas la première fois que la chanteuse tient ce type de discours. Lors du festival néerlandais Best Kept Secret, quelques semaines plus tôt, elle avait formulé une demande similaire. Cette prise de parole avait alors généré des centaines de plaintes auprès de l’organisme Discriminatie.nl et poussé le parquet de West-Brabant à ouvrir une enquête.
Selon Discriminatie.nl, les propos ne constituaient toutefois pas une discrimination caractérisée, les visiteurs n’ayant pas été exclus du concert et l’appel ne visant qu’un moment ponctuel.
La position d’Unia après le concert de Gand
En Belgique, près de 200 signalements ont été transmis à l’organisme interfédéral Unia et à l’Institut flamand des droits humains. Après examen, Unia a conclu que les déclarations relevaient de la liberté d’expression artistique.
Une porte-parole de l’organisme a précisé que le contexte scénique et politique du message était déterminant, rappelant qu’aucun élément n’indiquait qu’un spectateur ait été empêché d’assister au concert. Unia s’appuie également sur la jurisprudence de la Cour européenne des droits de l’homme, qui protège largement les expressions artistiques et politiques, même lorsqu’elles choquent ou dérangent.
Sophie Straat se défend et dénonce des menaces
Face à l’ampleur de la polémique, Sophie Straat affirme n’avoir jamais voulu exclure personne, mais souhaiter offrir un espace plus accessible aux personnes se sentant habituellement moins en sécurité dans les concerts. Elle a conclu sa prestation à Gand par un appel à « se mettre à la place des autres » et à privilégier « seulement de l’amour ».
Portant un tee-shirt affichant le slogan « Pop stars against Nazis », l’artiste a également dénoncé sur Instagram avoir reçu une vague de messages haineux sexistes et antisémites, ainsi que des menaces de mort depuis le début de la controverse.
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