Dix ans après l’assassinat du père Hamel, la sœur du prêtre et la mère d’un djihadiste racontent leur amitié née de la douleur partagée.

Dix ans après l’assassinat terroriste du père Hamel, l’amitié inattendue entre deux femmes marquées par l’événement.
Le 26 juillet 2016, le père Jacques Hamel était assassiné dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray par deux terroristes islamistes. Dix ans plus tard, un lien d’amitié singulier unit Roseline Hamel, sœur du prêtre, et Nassera Kermiche, mère d’un des assaillants, relate La Dépêche. Leur histoire, faite de douleur partagée et de refus de la haine, sera au cœur des cérémonies d’hommage organisées ce week-end.
Un attentat qui a bouleversé la France
Le 26 juillet 2016, Jacques Hamel, prêtre catholique âgé de 86 ans, célébrait sa messe dans son église de Saint-Étienne-du-Rouvray, en Normandie. Deux terroristes islamistes ont fait irruption dans le bâtiment au terme de la cérémonie. Après avoir prononcé un sermon en arabe devant l’autel, les deux hommes ont sauvagement égorgé l’homme d’Église. Cet acte de barbarie avait provoqué une onde de choc dans tout le pays et bien au-delà des frontières.
Deux femmes réunies par la douleur
Dix ans après ce drame, c’est une relation inattendue qui s’est nouée entre deux femmes marquées à jamais par ces événements. Roseline Hamel, sœur du prêtre assassiné, et Nassera Kermiche, mère d’un des djihadistes, entretiennent depuis plusieurs années une amitié aussi rare que profonde.
Leurs premiers échanges se sont faits par l’intermédiaire d’un journaliste. Nassera Kermiche confie qu’elle ignorait alors l’existence d’une sœur du père Hamel. Les deux femmes ont commencé à se téléphoner discrètement, jusqu’au jour où Roseline lui a proposé une rencontre. La réponse de Nassera a été immédiate : “Cela fait longtemps que je vous attends.”
Nassera Kermiche évoque un besoin profond de “demander pardon”. Roseline Hamel lui répond que cette douleur doit être partagée. Pour les deux femmes, cette rencontre s’est imposée comme une évidence, dans une quête commune de paix.
“Refuser d’ouvrir la porte de notre esprit à la haine”
“Je crois qu’on a compris qu’une certaine force voulait nous diviser et nous avons refusé toutes les deux d’ouvrir la porte de notre esprit à la haine”, confie Roseline Hamel. Ce lien dépasse largement les rencontres ponctuelles. En février dernier, les deux femmes ont publié un ouvrage commun, Sœurs de douleurs, aux éditions XO, pour raconter leur histoire singulière.
Une douleur toujours vive
Dix ans après les faits, la blessure reste profonde. “Chaque année, il y a une réminiscence de cette douleur qui n’est que seulement endormie. J’ai appris à gérer les émotions, mais c’est toujours là… Et j’appréhende ce dimanche un peu spécial”, confie Roseline Hamel à l’approche des commémorations.
Des cérémonies d’hommage attendues ce week-end
Des cérémonies en mémoire du père Hamel, dont la procédure de béatification pourrait bientôt aboutir, se déroulent sur deux jours, les samedi 25 et dimanche 26 juillet. Plusieurs personnalités politiques sont attendues, dont Emmanuel Macron ainsi que François Hollande, président de la République au moment des faits.
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