Le tribunal administratif de Lyon suspend les couvre-feux pour mineurs dans quatre communes de la Loire. Policiers et maires dénoncent leur isolement.

Loire : la justice suspend les couvre-feux pour mineurs, la colère des policiers explose
Le tribunal administratif de Lyon vient de retoquer les arrêtés instaurant des couvre-feux pour les mineurs de moins de 16 ans dans quatre communes de la Loire. Une décision qui suscite l’indignation des forces de l’ordre locales, qui dénoncent un sentiment d’abandon face à la montée de la délinquance juvénile.
Quatre communes déboutées par la justice
Saint-Chamond, Villars, Saint-Priest-en-Jarez et la Talaudière avaient toutes pris des arrêtés municipaux interdisant aux mineurs de moins de 16 ans de circuler sur la voie publique après 23 heures, relate Europe 1. Ces mesures, adoptées en réponse à une recrudescence des troubles, viennent d’être suspendues par le tribunal administratif de Lyon. Les magistrats justifient leur décision par l’existence d’un doute sérieux sur la légalité de ces arrêtés, pointant notamment l’absence de circonstances locales particulières susceptibles de justifier une telle restriction.
Une délinquance en hausse sur le terrain
Sur le terrain, les élus et les forces de l’ordre décrivent une réalité bien différente de celle retenue par la justice. À Saint-Chamond, les policiers ont dû intervenir 188 fois au cours des six premiers mois de l’année pour disperser des regroupements de mineurs après 23 heures. Ces attroupements généraient régulièrement des nuisances sonores pour les riverains, ainsi que des tensions et parfois des violences entre jeunes.
“Notre rempart est bien faible” selon les policiers
La suspension de ces arrêtés a provoqué une vive réaction chez les forces de l’ordre locales. Sylvia Vaudon, policière et déléguée départementale du syndicat Alliance dans la Loire, exprime son découragement : chaque tentative de mesure prise par les policiers ou les maires pour préserver la tranquillité publique se heurte, selon elle, à un refus de validation par la justice. Elle rappelle que les forces de l’ordre ont longtemps été présentées comme le dernier rempart contre l’insécurité, un rôle qu’elle juge aujourd’hui fragilisé par ce type de décision.
Les maires envisagent un recours devant le Conseil d’État
Du côté des élus, l’incompréhension domine également. Axel Dugua, maire de Saint-Chamond, juge la motivation des magistrats difficilement recevable au regard des chiffres constatés sur sa commune. Face à cette suspension, les édiles des quatre communes concernées étudient désormais la possibilité de saisir le Conseil d’État dans les prochains jours, afin de faire valoir leur position et de tenter de rétablir ces dispositifs.
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