Europol démantèle un réseau criminel entre l’Espagne et l’Algérie : 78 suspects interpellés, trafic de drogue, d’armes et de migrants.

Un réseau criminel entre l’Espagne et l’Algérie démantelé par Europol
Soupçonné d’avoir organisé le trafic d’armes, de drogue et de migrants entre l’Espagne et l’Algérie, un vaste réseau criminel a été démantelé vendredi 7 août. Son état-major aurait opéré depuis Marseille et la Belgique.
Une opération coordonnée par Europol a permis l’interpellation de 78 personnes en Espagne et en Algérie, soupçonnées d’appartenir à une organisation criminelle aux activités multiples. Le réseau aurait combiné trafic de stupéfiants, d’armes à feu et de migrants, tout en servant de plateforme logistique à d’autres groupes mafieux opérant en Méditerranée occidentale.
Une opération policière d’envergure
L’intervention, menée vendredi, a mobilisé la police nationale espagnole, la Guardia civil et l’Office français de lutte contre le trafic illicite de migrants (OLTIM). Sur les 78 suspects arrêtés, 77 l’ont été en Espagne et un en Algérie, relate Le Parisien. Selon Europol, il s’agirait de l’un des plus importants réseaux de trafic de migrants démantelés par les autorités espagnoles en Méditerranée ces dernières années, avec environ 2 000 personnes transportées lors de 64 traversées.
Les perquisitions ont permis la saisie de 25 000 euros en liquide, sept kilos de MDMA, 61 kilos de cannabis, des armes à feu, dix-huit embarcations estimées à cinq millions d’euros, ainsi que du matériel de communication chiffré.
Un commandement basé en France et en Belgique
La participation d’enquêteurs français à cette opération s’explique par la localisation du centre de commandement du réseau, établi en France et en Belgique. Europol précise que cette organisation entretenait des liens avec des structures criminelles plus vastes, notamment la Mocro Maffia et le Milieu marseillais. Le communiqué évoque un recours systématique à la violence, incluant menaces armées et exécutions ciblées, pour maintenir l’emprise sur ses membres comme sur les migrants transportés.
Une activité à double sens hautement rentable
Le mode opératoire du réseau reposait sur une logique de flux croisés. À l’aller, depuis l’Espagne et le Portugal vers l’Algérie, les convois acheminaient drogues de synthèse, armes à feu et explosifs. Au retour, vers l’Espagne, l’organisation transportait des migrants clandestins, facturant jusqu’à 12 000 euros par personne, avec des groupes pouvant dépasser 50 individus par traversée.
Europol estime les profits générés par le seul trafic de migrants à plus de 24 millions d’euros. L’organisation proposait également ses services logistiques à d’autres groupes criminels, facilitant le passage de marchandises et de personnes à travers la Méditerranée occidentale, dans une logique quasi commerciale.
Le rôle central des “narcolanchas”
Pour ses opérations, le réseau utilisait des hors-bords surpuissants, surnommés “narcolanchas” en Espagne, capables d’échapper aux radars grâce à leur vitesse. Ces embarcations servaient aussi bien au transport de drogue et d’armes qu’au débarquement de migrants en eaux internationales, à proximité des côtes espagnoles, afin de limiter les risques de détection.
Le phénomène des narcolanchas dépasse largement ce seul réseau. Ces vedettes rapides, capables de franchir le détroit de Gibraltar en 10 à 15 minutes, acheminent quotidiennement résine de cannabis marocaine et cocaïne récupérée en haute mer. Le 8 mai dernier, deux membres de la Guardia civil avaient perdu la vie après une collision avec l’une de ces embarcations au large de Huelva. Selon le Centre espagnol d’opérations et de surveillance de l’action maritime (Covam), plus de 600 narcolanchas sillonneraient chaque jour les côtes espagnoles.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.




