Une dizaine de tirs de mortier ont visé la gendarmerie de Delle dans la nuit du 9 au 10 août. Aucun blessé, une enquête est ouverte pour identifier les auteurs.

Delle : une attaque au mortier vise les logements des gendarmes, une enquête ouverte
Dans la nuit du dimanche 9 au lundi 10 août, les locaux de la gendarmerie nationale de Delle, dans le Territoire de Belfort, ont été la cible d’une dizaine de tirs de mortier. Aucun blessé n’est à déplorer, mais le parquet évoque des faits « d’une particulière gravité » et a ouvert une enquête pour identifier les auteurs de cette attaque nocturne.
Un bâtiment logeant les gendarmes et leurs familles pris pour cible
Peu après 1 heure du matin, les locaux de la gendarmerie situés rue Eugène-Claret ont essuyé une salve de tirs de mortier, relate L’Est Républicain. Contrairement à ce que l’on pourrait imaginer, ce n’est pas la partie accueillant le public qui a été visée, mais le bâtiment contigu, qui héberge les logements des militaires et de leurs proches.
Le site, bien que situé dans une rue passante, ne laisse aucune place à l’ambiguïté sur sa nature : des grillages entourent l’emprise, avec des pancartes portant les mentions « Terrain militaire » et « Défense d’entrer ». Pour le parquet, cette signalétique exclut l’hypothèse d’une méprise sur la cible.
Aucun blessé, mais des impacts probants
Une dizaine de tirs ont été comptabilisés cette nuit-là. Aucune personne n’a été touchée, mais plusieurs impacts ont été relevés au niveau des balcons, ainsi que des traces sur les murs du bâtiment. Pour les enquêteurs, la concentration des tirs sur une même zone écarte l’hypothèse d’un tir accidentel ou d’un jeu d’adolescents mal maîtrisé, et confirme au contraire le caractère délibéré de l’action.
Alertés par les détonations, plusieurs militaires sont sortis pour tenter de repérer les auteurs, sans succès. Les premières constatations ont toutefois permis de retrouver un mortier d’artifice ainsi qu’un briquet à proximité des lieux. Ces éléments ont été saisis dans le cadre de l’enquête de flagrance et transmis pour analyse, afin de rechercher d’éventuelles empreintes ou traces ADN. Les enregistrements de vidéosurveillance sont également en cours d’exploitation.
Un groupe organisé plutôt qu’un acte isolé
Selon les premiers éléments recueillis, plusieurs individus auraient été repérés à proximité du bâtiment au moment des tirs. Cette configuration oriente les investigateurs vers la piste d’un groupe restreint de personnes, qui se seraient rendues sur place à une heure tardive pour agir discrètement, plutôt que celle d’un auteur isolé.
Une enquête ouverte pour deux infractions
Le parquet a ouvert une enquête pour dégradation par moyen dangereux de biens appartenant à une personne dépositaire de l’autorité publique, ainsi que pour violence volontaire avec arme à l’encontre de militaires de la gendarmerie. Ces qualifications traduisent la gravité retenue par la justice face à cette attaque directe contre des représentants des forces de l’ordre et leurs proches.
Le mobile encore inconnu
À ce stade, aucun élément ne permet d’expliquer les motivations des auteurs. Le parquet souligne notamment qu’aucune intervention particulière de la brigade de Delle n’avait eu lieu dans les jours précédant les faits, ce qui aurait pu constituer une piste de représailles. L’enquête se poursuit pour identifier les responsables de cette attaque qualifiée par la justice de particulièrement préoccupante.
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