Le préfet du Rhône interdit un rassemblement d’ultradroite pro-« remigration » prévu dimanche à Lyon, invoquant risques de troubles et atteinte à la dignité humaine.

Lyon : la préfecture interdit un rassemblement d’ultradroite prônant la « remigration »
Le préfet du Rhône a signé jeudi un arrêté interdisant un rassemblement d’ultradroite programmé dimanche dans le Vieux Lyon. L’événement, porté par des mouvements identitaires européens, faisait la promotion du concept controversé de « remigration ».
Un rassemblement organisé par des mouvements souverainistes
La manifestation devait se tenir dimanche 16 août à 18 heures, dans le Ve arrondissement de Lyon, à l’initiative d’une coalition baptisée « Save Europe Act ». Cette plateforme réunit des partis et mouvements souverainistes identitaires de plusieurs pays européens, dont l’objectif affiché consiste à restreindre fortement l’immigration extra-européenne au sein de l’Union, relate Le Parisien.
Lancée au printemps dernier, cette initiative citoyenne a été formellement rejetée par la Commission européenne à la fin du mois de juillet. Le concept de « remigration », central dans le discours de ses promoteurs, désigne une politique d’expulsion massive de personnes étrangères ou perçues comme telles en raison de leur origine.
Une atteinte à la dignité humaine selon la préfecture
Dans son arrêté, le préfet du Rhône justifie l’interdiction en estimant que le rassemblement introduit « une discrimination fondée sur la race et l’origine ethnique », constituant une « atteinte grave au respect de la dignité humaine ». Cette qualification juridique fonde une partie de la décision préfectorale.
Le risque de troubles à l’ordre public en cause
Au-delà de cette dimension, l’arrêté préfectoral met en avant un second motif : le risque de confrontations avec un contre-rassemblement antifasciste et antiraciste, appelé par plusieurs organisations et syndicats de gauche locaux. La CGT du Rhône avait notamment demandé l’interdiction pure et simple de la marche identitaire, dénonçant des idées qu’elle qualifie de « racistes, obscènes et en contradiction avec les valeurs et principes républicains ».
Le texte préfectoral évoque un risque que ces deux rassemblements deviennent des « pôles d’attraction » pour des militants radicaux, qu’ils se revendiquent de l’ultragauche ou de l’ultradroite. Il rappelle, sans le nommer explicitement, des « antécédents de violences extrêmes entre ces factions », en référence à la mort de Quentin en février dernier, tué par des militants d’ultragauche.
Une mobilisation locale contre l’événement
En amont de la décision préfectorale, la section locale du PCF avait publiquement appelé à se mobiliser contre le rassemblement identitaire, invitant les citoyens à « porter haut les valeurs d’humanité et de fraternité ». Le parti avait insisté sur la nécessité d’empêcher l’extrême droite de diffuser ses idées « sans que cela ne soit contesté ».
Cette interdiction à Lyon fait écho à une décision similaire prise par la préfecture du Nord, qui avait bloqué un rassemblement identique prévu le week-end précédent à Lille.
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Ce genre de tristes personnages n’ont rien à faire dans la République car leur doctrine délètère est incompatible avec les valeurs de dignité et d’humanité qui l’ont fondée.