Huit étudiants mis en examen après un entraînement aux explosifs dans les tunnels parisiens, en lien avec la mobilisation contre le Lyon-Turin.

Huit étudiants mis en examen après un entraînement aux explosifs dans les tunnels parisiens
Soupçonnés d’avoir préparé une action violente contre les forces de l’ordre en marge d’une mobilisation contre le chantier Lyon-Turin, huit jeunes ont été interpellés fin juillet à Paris. Tous ont depuis été remis en liberté sous contrôle judiciaire, malgré l’opposition du parquet.
Une interpellation coordonnée dans les tunnels de la Petite Ceinture
Le 23 juillet, la brigade de recherche et d’intervention (BRI) et la brigade criminelle interviennent simultanément pour interpeller huit jeunes suspectés de s’être entraînés au maniement d’engins explosifs, relate Le Parisien. Le lieu choisi : les tunnels désaffectés de la Petite Ceinture, cette ancienne voie ferrée qui encercle Paris et où la végétation a repris ses droits.
Selon les éléments recueillis par la direction du renseignement de la préfecture de police (DRPP), le groupe se réunissait depuis plusieurs jours dans ces galeries souterraines pour manipuler des pétards reliés entre eux ainsi que des engins incendiaires artisanaux, de type cocktail Molotov. Une surveillance discrète, combinant filature et exploitation des données téléphoniques, avait permis de documenter ces rassemblements avant l’intervention.
Un projet d’action lié à la mobilisation contre le Lyon-Turin
Composé de six hommes et deux femmes âgés de 19 à 28 ans, le groupe est présenté par les enquêteurs comme proche de mouvances d’ultragauche. Les investigateurs estiment que chaque participant occupait un rôle défini au sein de l’organisation, entre coordination des opérations et gestion logistique.
L’objectif visé, selon l’accusation, aurait été d’utiliser ce savoir-faire contre les forces de l’ordre italiennes lors d’un rassemblement organisé le 25 juillet dans le Val-de-Suse, dans les Alpes piémontaises. Cette mobilisation, portée par le mouvement No TAV, s’opposait au chantier ferroviaire Lyon-Turin, un projet de 57 kilomètres de tunnels évalué à 12 milliards d’euros et régulièrement critiqué pour son impact environnemental. Ce jour-là, des affrontements ont effectivement éclaté entre militants et carabiniers, faisant plus d’une centaine de blessés côté forces de l’ordre italiennes, selon la presse transalpine.
Des perquisitions aux résultats limités
Après quatre jours de garde à vue, les huit suspects ont été présentés à un juge d’instruction le 27 juillet. Les perquisitions menées à leurs domiciles ont permis la saisie d’un bidon vide, de pétards en vente libre, de feux d’artifice, ainsi que de tracts syndicaux et militants. Les enquêteurs les identifient comme membres de Que la fac (QLF), un collectif étudiant autonome.
Les mis en examen doivent répondre de faits d’association de malfaiteurs et de détention et transport de produits incendiaires en bande organisée, des infractions passibles de quinze ans de prison. La majorité d’entre eux sont inscrits à l’université et ne possèdent pas de casier judiciaire.
Une remise en liberté confirmée en appel
Convaincu du risque imminent d’une action violente coordonnée, le parquet de Paris avait demandé le placement en détention provisoire des suspects, en saisissant directement un juge des libertés et de la détention. Celui-ci a refusé de se prononcer, laissant transparaître des doutes sur la dangerosité réelle du groupe. Les huit jeunes ont alors été placés sous contrôle judiciaire.
Le parquet a fait appel de cette décision, entraînant une nouvelle audience le 12 août devant la chambre de l’instruction de Paris. Le résultat a été identique : tous les suspects présents ce jour-là sont ressortis libres, sous les embrassades de leurs proches. Le huitième mis en examen doit être entendu séparément.
Pour la défense, cette insistance du parquet interroge. Les avocats évoquent un dossier “creux” et dénoncent la mobilisation de moyens d’ampleur antiterroriste pour ce qu’ils qualifient de simples soupçons sur l’ultragauche. L’enquête se poursuit désormais dans le cadre d’une information judiciaire, chargée de déterminer si les suspects avaient bien planifié une attaque ciblée.
(Merci Yann Bourguignon)
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s’ils avait été de l’ultra droite avec juste des pétards ils seraient encore en prison.