Un octogénaire parisien a versé 930 000 € à des brouteurs ivoiriens se faisant passer pour la fille d’un ami décédé. Neuf suspects interpellés, quatre jugés en septembre.

Paris : un octogénaire escroqué de près d’un million d’euros dans une arnaque sentimentale
Un homme de 84 ans vivant dans le XVIIe arrondissement de Paris a versé plus de 930 000 euros à un réseau de brouteurs ivoiriens qui se faisaient passer pour la fille d’un ami décédé. Neuf suspects ont été interpellés fin juin en Seine-Saint-Denis et dans le Val-d’Oise. Quatre d’entre eux seront jugés par le tribunal correctionnel de Paris le 17 septembre.
Une mise en confiance minutieusement orchestrée
L’affaire remonte à la mi-décembre 2024, lorsque Tracfin, l’organisme chargé de la surveillance des transactions bancaires suspectes, alerte les autorités. Entendu par les enquêteurs, l’octogénaire parisien livre un témoignage détaillé : il a été approché par une femme prétendant être la fille d’un ami disparu.
Pour renforcer la crédibilité de leur récit, les escrocs mettent la victime en relation avec un faux notaire et un faux banquier. Convaincu du sérieux de la démarche, l’homme accepte de verser des sommes importantes, persuadé de venir en aide à cette prétendue héritière en difficulté.
Au total, la victime transmet plus de 930 000 euros par mandats cash, envois PCS et virements bancaires. Les fonds transitent par des comptes ouverts en Allemagne, avant de circuler entre l’Afrique et la France. Une somme d’environ 11 000 euros est retirée en espèces en Seine-Saint-Denis.
Des « mules » recrutées sur les réseaux sociaux
En remontant la piste des comptes bancaires bénéficiaires, les enquêteurs mettent au jour un système de recrutement de « mules » via Snapchat. Plusieurs jeunes titulaires de comptes, âgés d’une vingtaine d’années, expliquent avoir été sollicités contre une rémunération d’une centaine d’euros, certains affirmant avoir ignoré la nature frauduleuse de l’opération.
L’enquête permet d’identifier des rabatteurs et des recruteurs présumés, ainsi que les auteurs des messages usurpant l’identité de la fausse héritière et du faux notaire.
Le 24 juin 2026, une opération d’envergure est menée simultanément à Aulnay-sous-Bois, Bondy, Gonesse et Argenteuil. Neuf suspects, âgés de 24 à 37 ans, sont interpellés et placés en garde à vue par la brigade de recherche et d’investigations financières. Les perquisitions permettent la saisie de douze téléphones portables, de cartes SIM, de 1 460 euros en espèces, de tickets PaySafe et d’un ordinateur contenant des éléments compromettants, dont des trames typiques des escroqueries dites « scam 419 » et des photos de la fausse héritière.
L’organisateur passe aux aveux
Face aux enquêteurs, plusieurs suspects reconnaissent leur implication et désignent l’organisateur présumé du réseau. Ce dernier finit par avouer avoir usurpé une identité féminine sur des sites de rencontres pour piéger des hommes âgés. L’analyse de son matériel informatique confirme qu’il correspondait directement avec la victime parisienne.
Les versions divergent chez les recruteurs présumés : l’un admet une participation passée qu’il affirme avoir cessée, ce que l’enquête contredit ; un autre garde le silence ; un troisième reconnaît avoir collaboré entre 2021 et 2024 avec des réseaux organisés, orchestrant l’ouverture de comptes bancaires liés à des lignes téléphoniques dédiées, une activité qui lui aurait rapporté environ 100 000 euros.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.








Zéro compassion. Désolé mais ce genre d’affaires me laisse de marbre