Livry-Gargan : un homme de 29 ans séquestré et torturé après avoir refusé de payer une prostituée. Six suspects déférés, procès prévu le 18 septembre.

Livry-Gargan : séquestré et torturé après une passe impayée, il erre traumatisé pendant plusieurs jours
Un homme de 29 ans a été enlevé et retenu contre son gré après avoir refusé de régler une prestation sexuelle tarifée. Six personnes ont été déférées devant la justice pour cette affaire de séquestration violente, marquée par des sévices et une tentative d’enrôlement forcé dans un trafic de stupéfiants.
Une passe qui tourne mal
Dans la nuit du 20 au 21 août, un jeune homme de 29 ans, ici appelé Kami, prend contact avec une escort girl pour un rendez-vous à son domicile de Livry-Gargan (Seine-Saint-Denis). La prestation se déroule normalement, mais le paiement, censé être effectué par virement, ne parvient jamais à la professionnelle, relate Le Parisien.
Furieuse de constater l’impayé, la jeune femme sollicite l’aide de plusieurs connaissances pour récupérer son argent. Un groupe d’individus intervient alors et embarque le client de force dans un véhicule, direction la Seine-et-Marne.
Une rançon exigée à la famille
Une fois la victime séquestrée, les ravisseurs contactent les frères de Kami pour exiger le paiement de la somme due en échange de sa libération. La famille refuse de céder au chantage, et le jeune homme reste retenu. Inquiets de son absence prolongée, ses proches finissent par alerter les autorités le 22 août.
Le service départemental de police judiciaire de Seine-Saint-Denis ouvre alors une enquête, s’appuyant sur les données téléphoniques et les images de vidéosurveillance pour reconstituer le parcours de la victime.
Une errance de plusieurs jours entre trois départements
Les enquêteurs retrouvent rapidement la trace de Kami à Dammarie-les-Lys (Seine-et-Marne), où il aurait été relâché après sa séquestration. Des témoins l’aperçoivent alors blessé, le visage tuméfié et les vêtements maculés de sang.
Les caméras de surveillance permettent de suivre son itinéraire jusqu’à la gare de Melun, puis le long de la ligne du RER A, avant que sa trace ne se perde dans la nuit du 22 août, vers 1h30, à la gare de Cergy-le-Haut (Val-d’Oise).
Ce n’est que le 25 août que la victime est finalement retrouvée dans ce même secteur, errant parmi des personnes sans domicile, dans un état de choc manifeste. Traumatisé, il confie alors craindre de rentrer chez lui par peur de représailles.
Des sévices caractérisés
L’examen médical de Kami révèle des brûlures récentes, notamment de cigarette, sur une main et une cuisse. Le jeune homme explique que ces blessures lui ont été infligées durant sa captivité, directement par la femme qu’il n’avait pas payée.
Six suspects interpellés en quelques jours
Parallèlement à la découverte de la victime, deux premiers suspects sont arrêtés le 22 août : l’un à Dammarie-les-Lys, l’autre sur une aire de l’autoroute A1, à La Courneuve. Les perquisitions menées à ces occasions permettent de retrouver la carte d’identité de la victime ainsi que des vêtements appartenant à l’un des ravisseurs.
Sur le téléphone d’un des suspects, les policiers découvrent également une vidéo montrant l’otage retenu dans une cave, menacé et frappé par un de ses geôliers. Grâce à ces éléments, quatre autres suspects, dont la jeune escort girl, sont identifiés et interpellés les 23 et 24 août, à Dammarie-les-Lys et dans un hôtel de Chilly-Mazarin (Essonne).
Un projet d’enrôlement forcé dans le trafic de drogue
Placées en garde à vue dans les locaux de la police judiciaire de Bobigny, plusieurs des personnes interpellées justifient leur intervention comme une réponse à un simple différend commercial. Face à l’insolvabilité du client, ils auraient décidé de l’emmener dans leur cité de Seine-et-Marne pour le sanctionner, avec l’intention de le contraindre à travailler sur un point de deal.
Un procès fixé au 18 septembre
Cinq hommes et une femme, âgés de 18 à 26 ans, ont été déférés le 27 août devant le parquet de Bobigny. Le magistrat a ordonné leur renvoi devant le tribunal correctionnel, avec une audience fixée au 18 septembre. Trois des suspects ont été placés en détention provisoire, tandis que les autres ont été remis en liberté sous contrôle judiciaire.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.





