Le tribunal d’Albertville a condamné trois ex-surveillants et une policière pour corruption dans l’affaire du détenu Samy R., au centre d’Aiton.

Corruption à la prison d’Aiton : des peines de prison ferme pour d’anciens surveillants et une policière
Le tribunal correctionnel d’Albertville a rendu son verdict dans l’affaire de corruption qui avait ébranlé le centre pénitentiaire d’Aiton en février 2025. Trois anciens surveillants et une femme officier de police judiciaire écopent de lourdes peines, dépassant même les réquisitions du parquet.
Un verdict qui dépasse les réquisitions
Après deux jours d’audience et une journée entière de délibération, le tribunal correctionnel d’Albertville a prononcé, ce jeudi, des peines particulièrement sévères à l’encontre de quatre personnes impliquées dans une affaire de corruption au sein du centre pénitentiaire d’Aiton, en Savoie. Ces sanctions, plus lourdes que celles réclamées par le ministère public, concernent trois anciens surveillants pénitentiaires ainsi qu’une femme officier de police judiciaire exerçant en région parisienne, rapporte Le Républicain lorrain.
Mis à part quelques relaxes partielles, l’ensemble des prévenus a été reconnu coupable de corruption passive à l’égard d’un détenu, Samy R., présenté comme la figure centrale de ce dossier.
Des peines de prison ferme pour les trois surveillantes
Romane L., ancienne surveillante ayant fermé les yeux sur des projections d’objets en détention et entretenu une relation intime avec le détenu, a été condamnée à quatre ans de prison, dont deux assortis d’un sursis probatoire de deux ans, avec mandat de dépôt immédiat et 15 000 euros d’amende.
Darlène L., poursuivie pour avoir fait entrer des stupéfiants en détention contre rémunération, écope de trois ans de prison dont un ferme, avec mandat de dépôt à effet différé et 10 000 euros d’amende.
La policière Jade D., en poste à Puteaux, avait consulté des fichiers confidentiels au bénéfice du détenu. Elle est condamnée à la même peine que Darlène L. : un an ferme avec mandat de dépôt différé, assorti d’une amende de 5 000 euros.
Des interdictions professionnelles définitives
Le tribunal a justifié la sévérité de ces peines par la gravité particulière des faits reprochés. À l’annonce du verdict, les trois femmes condamnées ont fondu en larmes, s’enlaçant sous le coup de l’émotion. Toutes trois se voient également interdire définitivement d’exercer dans la fonction publique, avec exécution provisoire immédiate.
Seul le troisième surveillant poursuivi échappe à l’incarcération. Il avait communiqué avec le détenu depuis l’extérieur de l’établissement et lui avait accordé un régime de faveur. Il écope d’un an de prison avec sursis. Deux des trois femmes condamnées envisagent déjà de faire appel de la décision.
Six ans ferme pour le détenu au cœur de l’affaire
Samy R., considéré comme l’instigateur de ce réseau de corruption, est condamné à six ans de prison ferme, alors que le parquet avait requis la veille la peine maximale de dix ans. Le tribunal l’a relaxé de l’accusation d’association de malfaiteurs en vue de la préparation d’un délit visant un membre du personnel pénitentiaire.
Il reste néanmoins condamné pour corruption active, trafic de cannabis en détention et escroqueries, ainsi qu’à une amende de 30 000 euros.
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