Un homme de 67 ans condamné dans le Rhône pour abus de faiblesse : il avait dépensé jusqu’à 35 000 euros appartenant à sa mère atteinte d’Alzheimer.

Rhône : condamné pour avoir dépensé jusqu’à 35 000 euros des économies de sa mère atteinte d’Alzheimer
Un sexagénaire de la Vallée d’Azergues a été reconnu coupable d’abus de faiblesse par le tribunal correctionnel de Villefranche-sur-Saône. Pendant plusieurs années, il a utilisé l’argent de sa mère, hébergée en Ehpad et atteinte de la maladie d’Alzheimer, pour financer ses propres dépenses.
Des dépenses personnelles financées par la victime
Entre la fin de l’année 2018 et le début de l’année 2021, cet ancien commerçant, alors en difficulté financière, a utilisé les moyens de paiement de sa mère pour régler entre 30 000 et 35 000 euros de dépenses personnelles, relate Lyon mag. Courses du quotidien, déplacements, voyages : les usages étaient variés. L’homme avait même contracté un crédit à la consommation dont les mensualités étaient directement prélevées sur le compte bancaire de la victime.
Devant les enquêteurs puis à l’audience, le prévenu a expliqué que sa mère avait, selon lui, accepté de l’aider financièrement. Il affirme avoir consigné chaque somme dépensée dans un cahier, avec l’intention de la rembourser ultérieurement.
Un Ehpad impayé qui révèle l’ampleur des faits
C’est la demi-sœur du prévenu qui a mis au jour la situation, en découvrant que 7 000 euros de frais d’hébergement en Ehpad restaient impayés. Les vérifications ont ensuite révélé un déficit de 11 000 euros sur le compte bancaire de la mère, ainsi que la disparition d’un héritage évalué à 20 000 euros.
Une plainte a été déposée dans la foulée. Placé en garde à vue en 2023, l’homme avait reconnu l’utilisation de l’argent de sa mère et s’était engagé à procéder au remboursement des sommes concernées.
Une vulnérabilité contestée par le prévenu
À l’audience, le sexagénaire a contesté avoir sciemment profité de la vulnérabilité de sa mère, arguant qu’elle conservait, selon lui, des périodes de lucidité suffisantes pour donner son accord aux dépenses effectuées.
Le tribunal n’a pas retenu cet argument. La maladie d’Alzheimer diagnostiquée chez la victime a été jugée incompatible avec un consentement éclairé et durable aux prélèvements effectués sur son patrimoine.
Une peine plus lourde que celle requise
Reconnu coupable d’abus de faiblesse, l’homme a été condamné à un an de prison avec sursis. Cette peine dépasse les réquisitions initiales du parquet, signe de la « sévérité » du tribunal face à des faits touchant une personne particulièrement vulnérable.
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