Un tatoueur d’Arras, déjà condamné en 2010, comparaît pour viols et agressions sexuelles sur 16 clientes. Procès à Saint-Omer jusqu’au 11 septembre.

Arras : le gérant d’un salon de tatouage jugé pour viols et agressions sexuelles sur 16 clientes
Un homme de 54 ans, gérant d’un salon de tatouage à Arras, comparaît depuis vendredi 4 septembre devant la cour criminelle du Pas-de-Calais, à Saint-Omer. Il est accusé d’avoir violé cinq femmes et agressé sexuellement onze autres entre 2006 et 2023, dans le cadre de son activité professionnelle. L’accusé conteste l’ensemble des faits qui lui sont reprochés.
Des faits commis pendant près de deux décennies
Selon l’accusation, la quasi-totalité des agissements se seraient déroulés au sein de son commerce arrageois, relate RTL. Pour l’ensemble des 16 plaignantes, la circonstance aggravante d’abus d’autorité a été retenue par la justice.
L’affaire avait éclaté en octobre 2023, lorsqu’une cliente avait déposé plainte. Le tatoueur avait alors été interpellé directement dans son salon, avant d’être mis en examen. Il est placé en détention provisoire depuis cette date.
Tout au long de l’instruction, l’homme a maintenu sa version, rejetant les témoignages des plaignantes. Il a évoqué une possible recherche de dommages et intérêts de leur part, ainsi que l’influence d’une concurrence jalouse de sa réussite professionnelle, selon lui à l’origine des accusations.
Un mode opératoire jugé similaire par plusieurs victimes
Les avocats des parties civiles insistent sur l’absence de lien entre les plaignantes. Ces femmes ne se connaissaient pas et n’avaient aucun contact entre elles avant l’ouverture de l’enquête. L’une d’elles n’aurait trouvé le courage de se rendre au commissariat qu’après avoir pris connaissance d’un article de presse consacré à l’affaire.
Plusieurs victimes, dont certaines particulièrement vulnérables, ont décrit aux enquêteurs des circonstances comparables. Beaucoup disent avoir ressenti une forme de sidération, alimentée par la crainte que le professionnel ne leur fasse mal avec son matériel ou ne rate leur tatouage ou piercing.
Les plaignantes évoquent également des propos à connotation sexuelle, des propositions de prestations gratuites en échange de faveurs, des demandes de déshabillage sans justification, ainsi que des actes de brutalité physique.
Une première condamnation en 2010
L’accusé n’en est pas à ses premiers démêlés judiciaires. Au début des années 2010, alors qu’il exerçait comme tatoueur à Lille, il avait déjà été condamné pour agression sexuelle sur une cliente. La peine prononcée s’élevait à deux ans d’emprisonnement, dont six mois assortis d’un sursis probatoire, accompagnée d’une interdiction d’exercer les métiers de tatoueur et de perceur pendant cinq ans.
À l’issue de cette interdiction, il s’était réinstallé comme tatoueur, cette fois à Arras, en 2018.
Une dangerosité criminologique pointée par les experts
Les expertises menées dans le cadre de la procédure n’ont révélé aucun trouble cognitif chez l’accusé. Elles soulignent en revanche une dangerosité criminologique, liée à la répétition du mode opératoire qui lui est reproché sur plusieurs années et de multiples victimes.
Le procès doit se poursuivre pendant une semaine. Le verdict est attendu vendredi 11 septembre.
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