Pas-de-Calais : un chauffard ayant blessé 3 policiers lors d’une course-poursuite est remis en liberté, faute d’agents pour l’extraire vers le tribunal.

Pas-de-Calais : faute d’agents pour l’escorter au tribunal, un chauffard en fuite qui a blessé 3 policiers est remis en liberté
Un homme de 36 ans, poursuivi par la justice pour avoir blessé 3 policiers après une course-poursuite dangereuse dans le quartier Saint-Pierre à Calais, devait être jugé ce lundi 7 septembre. Mais la prison de Longuenesse n’a pas pu mobiliser d’agent pour le conduire au tribunal. Résultat : son procès est renvoyé au 2 novembre, et il ressort libre.
Une course-poursuite semée d’incidents
Le mercredi 2 septembre, les forces de l’ordre repèrent un véhicule roulant à vive allure quai Lucien Lheureux, à Calais, rappelle La Voix du Nord. Le conducteur grille un feu rouge, remonte le boulevard Curie, puis s’engage à contresens dans la rue de Valenciennes. La traque se poursuit à travers plusieurs artères de la ville avant que le suspect ne soit finalement intercepté, non sans résistance, place Crèvecœur. Trois policiers sont blessés durant l’interpellation.
L’homme, en état d’ébriété au moment des faits, est placé en garde à vue puis en détention provisoire, dans l’attente de son jugement.
Un tribunal privé de prévenu
Ce lundi 7 septembre, l’audience devait se tenir devant le tribunal de Boulogne-sur-Mer. Mais dans la matinée, l’administration pénitentiaire de Longuenesse signale une impossibilité totale d’assurer l’extraction du détenu, invoquant un manque criant de personnel disponible. Une audience par visioconférence est proposée en alternative, mais le prévenu s’y oppose.
Face à cette situation inédite, la défense, représentée par Me Sanaa Znaïdi, plaide l’impossibilité de statuer sur un maintien en détention en l’absence physique du concerné. Le parquet, via le procureur adjoint Patrick Leleu, propose un renvoi au 9 septembre. Les juges optent finalement pour un ajournement plus long : le procès se tiendra le 2 novembre, et l’homme est remis en liberté sans délai.
Une décision qui indigne les forces de l’ordre
Pour les policiers mobilisés lors de l’interpellation, cette issue passe mal. L’une des agentes, blessée à la main pendant l’intervention, dénonce l’écart entre les risques pris sur le terrain et le dénouement judiciaire. Elle rappelle que le conducteur, sous l’emprise de l’alcool, circulait sans contrôle technique valide et se trouvait déjà en situation de récidive pour des violences antérieures.
L’homme avait en effet été condamné en septembre 2021 pour des faits de violences contre des policiers. Cette récidive expose désormais le prévenu à une peine pouvant être doublée : jusqu’à 10 ans d’emprisonnement et 150 000 euros d’amende.
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