Le procès du tatoueur d’Arras, accusé de viols et agressions sexuelles, suspendu après sa tentative de suicide en détention. Toutes les infos.

Le procès du tatoueur d’Arras suspendu après une tentative de suicide de l’accusé
Le procès de Florent M., tatoueur accusé de cinq viols et onze agressions sexuelles commis dans son salon d’Arras entre 2019 et 2023, a été brutalement interrompu ce jeudi matin. L’homme de 55 ans a été retrouvé pendu dans sa cellule avant d’être héliporté vers le CHRU de Lille.
Une audience suspendue dans l’urgence
Alors que l’escorte pénitentiaire venue de la maison d’arrêt de Longuenesse tardait à arriver ce jeudi matin, la rumeur s’est répandue au palais de justice de Saint-Omer : les secours étaient déjà mobilisés pour prendre en charge l’accusé. Selon les informations recueillies sur place, les équipes médicales auraient tenté de le ranimer pendant environ une heure avant son transfert par hélicoptère, relate La Voix du Nord.
La présidente de la cour criminelle départementale du Pas-de-Calais, Véronique Pair, a confirmé la gravité de la situation face aux parties présentes. « Le procès ne peut reprendre, c’est assez grave, on ne sait pas dans quel état est monsieur », a-t-elle déclaré, précisant que l’accusé avait été « retrouvé pendu dans sa cellule » avant d’être héliporté à Lille. Les débats ont été suspendus jusqu’à 14 heures au minimum, le temps d’obtenir un compte-rendu médical officiel permettant d’envisager, ou non, un report définitif du procès.
Un homme qui semblait pourtant vouloir avancer
Cette issue tragique surprend d’autant plus que Florent M. avait affirmé la veille son intention d’assumer les faits, sans envisager de mettre fin à ses jours. Il s’était même projeté dans une future explication avec sa fille. Les observateurs présents lors des débats de mercredi l’avaient toutefois senti fragilisé, alors qu’il évoquait vouloir cesser de se cacher derrière le « bouclier » qu’il avait érigé jusqu’alors.
Entendue plus tôt dans la semaine, une psychologue experte avait mis en garde contre un risque suicidaire chez les personnes maintenues dans le déni total des faits qui leur sont reprochés. Elle expliquait que la négation constitue « un mécanisme classique de défense » servant de « ceinture de sécurité » contre l’effondrement psychique, rendant particulièrement délicate toute évolution vers la reconnaissance des faits.
Les parties civiles dans l’expectative
La journée devait initialement être consacrée aux plaidoiries et aux réquisitions, après plusieurs jours d’audience marqués par les témoignages poignants des plaignantes sur leurs traumatismes. L’accusé encourt vingt ans de réclusion criminelle.
Réunis en urgence en fin de matinée, les avocats des parties civiles ont majoritairement estimé qu’il était impossible de plaider dans ces circonstances, tant par respect pour l’absence forcée de l’accusé que pour son propre avocat, contraint d’assumer seul les répliques adverses alors que son client se trouve en réanimation.
Sur place, l’émotion était palpable chez les plaignantes. L’une d’elles, en larmes à la sortie du palais de justice, avait fixé son propre délai pour tourner cette page douloureuse : « J’avais mis comme deadline vendredi pour justement laisser tout ça derrière moi, mais là on est reparti pour je ne sais pas combien de temps, et c’est dur. » Une psychologue de l’association France Victimes 62 pourrait être sollicitée pour accompagner les plaignantes souhaitant s’exprimer dans l’attente d’une reprise des débats.
(Merci Rudy van Cappellen)
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