Six bouchers mis en examen dans l’Aisne après une vague d’intoxications à l’E.coli ayant causé la mort d’une fillette de 11 ans en 2025.

Intoxications à l’E.coli dans l’Aisne : six bouchers mis en examen après la mort d’une fillette
Six bouchers ont été mis en examen dans le cadre de l’enquête sur la vague d’intoxications alimentaires à la bactérie E.coli survenue en 2025 dans l’Aisne, une affaire qui avait coûté la vie à une fillette de 11 ans. Le parquet de Paris a confirmé samedi ces poursuites, qui font suite à dix gardes à vue initiales.
Une enquête qui cible les pratiques professionnelles
À l’issue des auditions, six bouchers, gérants ou salariés d’établissements de la région de Saint-Quentin, ont été mis en examen pour plusieurs infractions graves, relate L’Aisne nouvelle. Les chefs retenus incluent l’homicide involontaire, des blessures involontaires ayant entraîné une incapacité totale de travail inférieure à trois mois, ainsi que la mise en danger de la vie d’autrui.
S’ajoutent à ces poursuites des accusations de tromperie entraînant un danger pour la santé humaine ou animale, de recel et d’abattage illicite d’un animal en dehors d’un abattoir agréé. Ces éléments suggèrent des manquements aux normes sanitaires dans la chaîne de production de viande.
Des mesures de contrôle judiciaire strictes
Les six mis en examen ont été placés sous contrôle judiciaire. Ils sont notamment interdits d’exercer leur métier de boucher, sauf s’ils sont employés dans une enseigne de distribution et à condition de ne pas manipuler de viande non emballée. Le juge a également prononcé une interdiction de contact entre les personnes placées en garde à vue ou mises en examen dans ce dossier, une mesure visant à préserver l’intégrité de l’instruction.
Retour sur une vague d’intoxications qui a frappé l’Aisne
L’affaire remonte à juin 2025, lorsque la région de Saint-Quentin a été touchée par une série de contaminations à la bactérie Escherichia coli. Le parquet de Paris a comptabilisé 32 cas au total, un bilan qui a nécessité l’intervention de plusieurs établissements hospitaliers.
Une fillette de 11 ans, prénommée Élise, est décédée le 16 juin 2025 au CHU d’Amiens. D’autres enfants, âgés de 11 mois à 12 ans, ont été pris en charge dans les centres hospitaliers de Saint-Quentin, Amiens, Lille et Reims. Face à l’ampleur de la contamination, six boucheries, dont la plupart proposaient des produits halal, avaient été préventivement fermées, les autorités sanitaires suspectant une origine liée à la viande commercialisée.
Une instruction confiée au pôle santé publique
Depuis le 7 août 2025, des juges d’instruction du pôle santé publique du parquet de Paris pilotent les investigations. Cette spécialisation judiciaire souligne la dimension sanitaire majeure de ce dossier, qui devra désormais déterminer les responsabilités précises dans la chaîne d’approvisionnement et de vente de la viande incriminée.
(Merci Rudy van Cappellen)
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