Un négociant en or de Montpellier séquestré deux semaines et dépouillé de 500 000 € a été libéré par la BRI à Plaissan. Plusieurs suspects sont écroués.

Montpellier : un négociant en or séquestré plus de deux semaines et dépouillé de 500 000 € est libéré par la BRI
Enlevé le 4 septembre après un faux rendez-vous, un négociant en métaux précieux d’une soixantaine d’années a été retrouvé vivant le 22 septembre dans un pavillon de Plaissan, dans l’Hérault. Une alerte venue de Belgique a déclenché une enquête en urgence, qui a conduit à plusieurs interpellations et incarcérations.
Une alerte venue d’Anvers
Tout commence le 17 septembre. À Anvers, en Belgique, relate Le Midi libre. Un négociant en métaux précieux s’inquiète de l’absence de son confrère montpelliérain à un important rendez-vous d’affaires. Il alerte les autorités, et la police judiciaire de Montpellier est saisie en urgence.
Les enquêteurs se rendent dans les bureaux de la victime, installés discrètement dans une résidence du quartier Millénaire. Des voisins leur apprennent que quelques jours plus tôt, un homme muni des clés et des badges d’accès a vidé les locaux et le coffre-fort. Il leur avait expliqué que « le patron a fait un AVC » et qu’il ne reviendrait pas.
Des indices troublants
Au domicile du sexagénaire, les policiers découvrent un logement vide et en désordre. Aucun billet de train n’a été acheté pour la Belgique, et son téléphone a borné à Paris, une ville où il ne se rend pas habituellement.
Des prélèvements effectués dans les bureaux permettent d’identifier un premier suspect. Son téléphone est placé sous surveillance et l’analyse de ses communications révèle plusieurs contacts privilégiés. Au moment de la disparition du négociant, leurs téléphones convergent d’abord vers Mauguio, puis vers un pavillon de Plaissan, à une quarantaine de kilomètres de Montpellier.
L’intervention de la BRI
Le 22 septembre, la BRI investit le pavillon et interpelle deux jeunes femmes chargées de surveiller les lieux et l’otage. Le négociant est retrouvé enfermé dans une pièce aux volets clos. Il est vivant, mais hagard, le visage tuméfié et très fatigué. Selon une source judiciaire, les enquêteurs redoutaient de ne plus le retrouver en vie.
Un guet-apens bien préparé
Selon son récit, la victime a été enlevée le 4 septembre. L’une des jeunes femmes, une de ses clientes, lui avait fixé un rendez-vous en évoquant un important achat de bijoux. Il l’a suivie en voiture jusqu’à une maison de Mauguio, où il a été brutalisé et délesté de sa mallette, de son ordinateur et de ses clés.
Dans la nuit, il a été transféré à Plaissan, un sac sur la tête. Il y était nourri une fois par jour et pouvait se laver, mais dans un temps chronométré. Atteint de problèmes cardiaques, il affirme n’avoir opposé aucune résistance et s’être placé « en mode survie ».
Un préjudice d’environ 500 000 €
Pendant sa séquestration, ses ravisseurs se sont rendus à son domicile et y ont emporté ses valeurs, dont son stock d’or et de pièces anciennes. Ils ont aussi effectué, depuis ses comptes bancaires, des virements de plusieurs dizaines de milliers d’euros. Le préjudice total est estimé à près de 500 000 €.
Des suspects écroués
Plusieurs personnes ont été incarcérées, dans l’Hérault comme à Paris. Le commanditaire présumé et un autre complice ont été arrêtés dans la capitale. Mardi 6 octobre, devant la cour d’appel de Montpellier, la jeune femme qui aurait servi d’appât a déclaré qu’elle pensait participer à une opération de courte durée. Selon elle, elle devait rester dans la voiture, mais on ne l’a pas laissée faire, et elle dit avoir craint pour la vie de sa famille. Son avocat affirme qu’elle a agi sous la contrainte et par crainte de représailles.
L’enquête se poursuit pour déterminer le rôle exact de chacun.
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