Huit tirs ont visé la porte d’un couple âgé à Trappes. Enquête pour tentative d’homicide ouverte.

À Trappes, huit coups de feu visent la porte d’un couple de personnes âgées dans un immeuble
Dans la nuit du 2 au 3 novembre, une salve de huit tirs a visé la porte d’un appartement du square George-Sand, à Trappes (Yvelines). Une enquête pour tentative d’homicide volontaire est ouverte. Les faits ravivent l’inquiétude des habitants, à proximité du square Louis-Pergaud, où une attaque terroriste raciste a eu lieu le 23 octobre.
Une série de détonations au petit matin
Il est environ 6 h 20, dans la nuit du 2 au 3 novembre, lorsque des détonations réveillent brutalement Sarah (prénom modifié), relate Le Parisien. Elle vit dans un immeuble du 5, square George-Sand, à Trappes. « J’ai entendu les trois ou quatre derniers coups de feu », témoigne-t-elle. Elle appelle la police une dizaine de minutes plus tard.
Au rez-de-chaussée, la porte d’un logement occupé par un couple de personnes âgées vient d’être visée par huit tirs, selon des sources policières. Enquêteurs et experts se rendent sur place pour effectuer les premières constatations. Les policiers découvrent sept douilles dans le hall. L’arme n’a pas encore été identifiée.
Un quartier encore marqué par le 23 octobre
L’immeuble se trouve à proximité du square Louis-Pergaud. Le 23 octobre, Pengo Bossio Wangi, 26 ans, y a été tué lors d’une attaque terroriste raciste. Dans le quartier, le souvenir de ce drame reste très présent et les locataires s’interrogent.
Un couple de 78 et 86 ans qui ne comprend pas
Les occupants du logement ont 78 et 86 ans. Selon un proche venu les voir le mercredi 4 novembre, l’un était absent et l’autre dormait encore au moment des tirs. « Je viens pour les rassurer car ils ne comprennent pas du tout ce qu’il s’est passé », confie-t-il.
D’après ce proche, le couple pense à une erreur : les auteurs des tirs se seraient trompés de porte. Il se dit lui aussi déconcerté.
« Mes enfants ont enjambé les douilles »
Aux étages supérieurs, Sarah reste très inquiète. Ses trois enfants, âgés de 10, 6 et 5 ans, ont dû enjamber les douilles pour se rendre à l’école. Les policiers leur ont demandé de faire attention où ils posaient les pieds.
L’un d’eux lui a demandé : « Maman, est-ce que c’est encore dû au racisme ? » Les parents ont cherché les mots justes. Ils lui ont expliqué qu’il s’agissait a priori d’un autre contexte.
Règlement de comptes ou erreur : des hypothèses d’habitants
Plusieurs habitants évoquent un possible règlement de comptes, sans savoir ce qui aurait pu motiver les tirs. Ces hypothèses ne sont étayées par aucun élément officiel. « En ce moment, c’est assez tendu à Trappes. Il y a des rixes dans les quartiers, des histoires d’ego, des trucs de garçons », estime un proche du couple.
Laura vit près du square Louis-Pergaud et n’a pas entendu les détonations. « Comme il y a des tirs de mortiers tous les jours, je ne sais même plus les différencier des vrais coups de feu », explique-t-elle. Elle redoute de sortir son chien tard le soir, parfois jusqu’à 2 heures du matin. Elle voudrait déménager, mais les délais pour obtenir un autre logement sont, selon elle, « beaucoup trop longs ».
Le maire réclame des résultats rapides
Le mardi 3 novembre, le maire de Trappes, Ali Rabeh (Génération.s), a demandé une présence policière renforcée. Il attend de la justice « des résultats rapides pour appréhender et condamner ceux qui utilisent des armes à feu depuis plusieurs mois sur différents quartiers de la ville ».
Le parquet de Versailles indique qu’une enquête pour tentative d’homicide volontaire a été confiée au commissariat de Trappes.
Des portes d’accès hors service
Les habitants mettent aussi en cause le bailleur social Seqens, filiale du groupe Action Logement, qui gère le bâtiment. Ils dénoncent l’état des portes d’accès, qui ne filtrent plus les entrées.
Pour atteindre les appartements, il faut normalement franchir trois portes à système magnétique, ouvertes par badge. Sur place, aucune ne remplit aujourd’hui sa fonction de protection. « Elles sont toutes hors-service », affirment les résidents.
Alex (prénom modifié), locataire depuis plus de vingt ans, dit avoir déjà alerté le gardien sur la nécessité de les réparer. Il croise régulièrement des personnes étrangères à l’immeuble dans les parties communes quand il rentre tard. Il s’y était habitué, sans imaginer que cela puisse un jour déboucher sur des tirs comme ceux de cette semaine.
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C’est un attentat raciste???