Incendie de la mairie de Limoges : la justice maintient en détention le principal suspect de 34 ans et libère le second, placé sous contrôle judiciaire.

Incendie de la mairie de Limoges : un suspect maintenu en détention, l’autre remis en liberté sous contrôle judiciaire
Ce jeudi 5 novembre, la chambre de l’instruction de la cour d’appel de Limoges a rendu sa décision dans l’enquête sur l’incendie criminel de l’hôtel de ville, le 17 octobre. Le principal suspect, âgé de 34 ans, reste en détention provisoire. Le second mis en examen, un sexagénaire, retrouve la liberté sous contrôle judiciaire.
Une décision attendue après une audience tendue
Les magistrats ont rendu leur délibéré trois jours après une audience sous tension, qui s’est tenue mardi, rapporte Le Parisien. Une quarantaine de sympathisants des deux hommes y assistaient. La cour a estimé qu’il existait des « indices graves et concordants » à l’encontre des deux suspects.
Cette affaire est devenue l’un des symboles des violences survenues le 17 octobre dans toute la France. Ce jour-là, des manifestants radicaux se sont introduits dans l’hôtel de ville de Limoges en marge de la mobilisation nationale. L’incendie a provoqué l’effondrement de la toiture et du beffroi de l’édifice, inauguré en 1883.
Le trentenaire maintenu en détention provisoire
Le premier suspect a été interpellé le 20 octobre en Haute-Vienne. Les magistrats ont ordonné son maintien en détention. Ils invoquent la nécessité de « conserver des preuves, empêcher la concertation frauduleuse avec des complices ou coauteurs, prévenir le renouvellement de l’infraction et mettre fin au trouble exceptionnel à l’ordre public ».
Le parquet avait requis cette mesure. Il présente l’homme comme fiché S pour son appartenance présumée à l’ultragauche. Il l’a décrit comme le « meneur le plus actif et acharné » des émeutiers. Il est mis en examen notamment pour « tentative d’homicide » sur un policier et pour « destruction » de la mairie.
Ses avocats contestent cette analyse. Mardi, ils ont jugé le dossier « assez vide » contre cet intérimaire dans le bâtiment, également défenseur de l’environnement. Selon eux, il n’est pas reconnaissable sur les vidéos de la scène. Il reste présumé innocent.
Le sexagénaire libéré sous contrôle judiciaire
Le second suspect a été interpellé le 22 octobre dans la Creuse. La cour d’appel a jugé qu’un contrôle judiciaire suffisait et a ordonné sa remise en liberté.
À l’audience, il a évoqué un « affreux concours de circonstances ». Il explique avoir appelé le premier suspect juste avant l’incendie, afin de joindre son père, en panne de voiture. Une caméra de vidéosurveillance d’une enseigne de restauration le montre, peu après le sinistre, en train de commander une boisson.
Des obligations strictes
Son contrôle judiciaire comprend plusieurs obligations :
• résider à Marseille ;
• ne pas se rendre en Haute-Vienne, en Creuse et en Corrèze, sauf convocation judiciaire ;
• ne pas participer à des manifestations.
L’information judiciaire se poursuit.
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