Rouen : un policier écope d’un an de prison avec sursis et de trois ans d’interdiction d’exercer pour avoir matraqué une passante lors des violences post-PSG.

Rouen : un policier condamné à un an de prison avec sursis pour avoir matraqué une passante après la victoire du PSG
Le tribunal correctionnel de Rouen a condamné ce jeudi un policier d’une trentaine d’années pour des violences aggravées. Le 30 mai, lors de heurts en marge des célébrations du PSG, il avait frappé au visage une passante qui n’était pas impliquée dans les troubles. Les juges ont prononcé des peines plus lourdes que celles requises par le parquet.
Une condamnation assortie de lourdes peines complémentaires
Poursuivi pour « violences aggravées », le fonctionnaire a été condamné à un an d’emprisonnement avec sursis. Le tribunal y a ajouté trois ans d’interdiction d’exercer la profession de policier et trois ans d’interdiction de port d’arme. Il a aussi prononcé deux ans d’inéligibilité, rapporte Le Parisien.
Toutes ces peines sont assorties de l’« exécution provisoire ». Elles s’appliqueront donc immédiatement, même si le policier fait appel.
Pour justifier l’interdiction d’exercer, les juges ont invoqué « la gravité des faits » et « l’absence de remise en question » du prévenu à l’audience du 12 octobre. Le policier avait présenté ses excuses à la victime. Il a toutefois maintenu que son geste était « légitime et proportionné ».
Une nuit de violences urbaines dans le centre-ville
Le 30 mai 2026, les célébrations de la victoire du Paris Saint-Germain en Ligue des champions ont dégénéré dans plusieurs villes, dont Rouen. Du mobilier urbain et des commerces du centre-ville ont été vandalisés. Policiers et casseurs se sont affrontés dans un nuage de gaz lacrymogènes.
Un coup porté en plein visage
La victime, aujourd’hui âgée de 31 ans, sortait d’un restaurant avec son neveu et une amie commerçante. Cette dernière voulait vérifier que sa boutique n’avait pas été endommagée. Le petit groupe s’est retrouvé au cœur des heurts.
C’est à ce moment que la jeune femme a reçu un coup de matraque en plein visage. Elle a subi plusieurs fractures et une interruption temporaire de travail de 15 jours. Selon l’un de ses avocats, elle porte encore « une plaque de métal dans la tête ».
Deux versions de la scène
La plaignante affirme que le policier l’a regardée et s’est tourné vers un collègue avant de la frapper, alors qu’elle ne représentait aucun danger. Son avocate, Me Kaltoum Gachi, a plaidé qu’il ne s’agissait pas d’un « réflexe incontrôlé » mais d’une « décision de recourir à cette arme en plein visage ». Elle a ajouté que sa cliente, « en talons », n’avait « rien d’une émeutière ».
Le policier a déclaré qu’il visait l’épaule « pour se dégager ». Il a invoqué la fatigue accumulée après cinq heures d’intervention et les effets des gaz lacrymogènes.
Des peines plus sévères que les réquisitions
Le ministère public avait requis six mois de prison avec sursis, sans peine complémentaire. Il reconnaissait un contexte difficile pour les forces de l’ordre, mais qualifiait le coup de matraque de « délibéré ». Le tribunal a retenu une peine deux fois plus longue et l’a assortie de plusieurs interdictions.
Le jugement peut encore faire l’objet d’un appel. Les peines resteront néanmoins applicables en raison de l’exécution provisoire.
Votre avis nous intéresse : rejoignez la communauté Police & Réalités et laissez un commentaire.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.
