Vosges : un apiculteur de 76 ans, condamné à 8 mois avec sursis, volait des ruches depuis 4 ans et revendait le miel. Récit de l’affaire et des victimes.

Vosges : un apiculteur de 76 ans condamné pour le vol de plus de 50 ruches
Un apiculteur de 76 ans d’Étival-Clairefontaine, près de Saint-Dié, a été condamné le 5 novembre par le tribunal d’Épinal à huit mois d’emprisonnement avec sursis probatoire. Pendant au moins quatre ans, il a dérobé plus de cinquante ruches à une douzaine d’apiculteurs de la région, puis commercialisé le miel produit.
Une pancarte devant la maison, des ruches d’autres apiculteurs derrière
À l’entrée de sa propriété, un panneau annonce la vente de miel issu de son propre rucher, relate Vosges matin. Or une part importante de sa production provenait de colonies appartenant à d’autres apiculteurs, installés dans un rayon d’une vingtaine de kilomètres autour de son village, à quelques kilomètres de Saint-Dié (Vosges).
Jugé le 15 octobre devant le tribunal d’Épinal, cet homme de 76 ans n’avait jusque-là jamais été condamné. Le ministère public avait requis douze mois d’emprisonnement avec sursis. Le délibéré a été rendu jeudi 5 novembre.
Huit mois avec sursis probatoire et des dommages et intérêts
Le prévenu, qui avait choisi de ne pas être assisté d’un avocat, a été condamné à huit mois de prison assortis d’un sursis probatoire de deux ans. Il devra aussi verser plusieurs milliers d’euros de dommages et intérêts aux victimes, au titre des préjudices matériel, économique et moral.
Ancien peintre en bâtiment puis ouvrier, il a indiqué à l’audience percevoir avec son épouse 5 000 euros de revenus mensuels, entre pensions de retraite et loyers. Il ramène aujourd’hui ce montant à 4 000 euros. Il reconnaît que cette activité n’était pas vitale pour ses finances : « Je n’avais pas besoin de cet argent. »
Des vols commis la nuit, au printemps
Selon les victimes, les vols avaient lieu la nuit, quand les abeilles sont rassemblées dans la ruche. Ils se produisaient au printemps, en pleine période de production, et visaient les colonies les plus vigoureuses. Les plaignants estiment que l’auteur était un professionnel, car il savait fermer une ruche pour la transporter en voiture.
Certains apiculteurs avaient installé des caméras de surveillance. Alexis, victime de quatre vols en 2024, évoque « un délit d’habitude ». Le prévenu vendait son miel sur les marchés locaux, à huit euros les 500 grammes, contre une moyenne de douze euros selon une victime.
Une marque et une balise GPS font tomber le suspect
Au printemps 2025, un ancien garde forestier découvre sur l’un des ruchers du septuagénaire une marque correspondant à la ruche d’une connaissance. Parallèlement, une ruche volée équipée d’un émetteur GPS borne dans le même secteur. La gendarmerie est alertée.
Sur place, Alexis, retraité et ancien capitaine de gendarmerie, gratte la peinture au dos d’une ruche. Il retrouve les huit chiffres de son numéro d’identification. Les ruches avaient été repeintes en rouge, rose ou bleu foncé pour les masquer. En mai 2025, l’homme passe aux aveux.
Un préjudice de plusieurs dizaines de milliers d’euros
Les victimes évaluent leur préjudice à plusieurs dizaines de milliers d’euros. Ce chiffre inclut le remplacement des ruches endommagées, le rachat de colonies (environ 200 euros l’une) et les pertes d’exploitation, une ruche produisant en moyenne 20 kg de miel par an. Valérie chiffre à 1 700 euros le vol de deux de ses ruches et compare cette perte à celle d’une vache pour un éleveur.
Plusieurs victimes estiment que l’homme n’a pas agi seul, car une ruche pèse au moins 30 kg et il souffre de problèmes cardiaques. Malgré de forts soupçons, aucun complice n’a été condamné.
« Un coup de folie » : les regrets du retraité
Le septuagénaire dit avoir agi par envie d’avoir plus de ruches : « J’ai fait une grosse bêtise, c’était un coup de folie. » À l’audience, il a présenté ses excuses, selon les victimes. L’une d’elles juge toutefois déplacé qu’il ait affirmé avoir nourri et soigné les abeilles. Il assure qu’il ne recommencera pas et reconnaît avoir perdu des amis : « J’ai fauté et je vais le payer cher. »
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