Du sursis pour l’émeutier qui a blessé un lieutenant de CRS à Mérignac : 45 jours d’ITT, un syndicat dénonce une peine trop clémente.

Mérignac : six mois de prison avec sursis pour l’émeutier qui a grièvement blessé un lieutenant de CRS
Un jeune majeur, déjà connu des services de police, a été condamné pour des tirs de mortiers, des violences sur un lieutenant de la CRS 45 et une rébellion. Cette peine suscite l’indignation des syndicats de police.
Reconnu coupable de tirs de mortiers d’artifice contre les forces de l’ordre, de violence sur une personne dépositaire de l’autorité publique et de rébellion, un émeutier a été condamné mercredi à six mois de prison avec sursis, rapporte Le Parisien. La décision provoque de vives réactions au sein de la CRS 45, basée dans la Loire, dont dépend l’officier blessé. Elle alimente aussi les critiques des syndicats de police, qui jugent la justice trop indulgente envers les auteurs de violences contre les policiers.
Une blessure grave lors d’un blocus de lycée
Le 31 octobre, un lieutenant de 37 ans, spécialisé dans le maintien de l’ordre, a été grièvement blessé à la main gauche. Il s’est blessé pendant l’interpellation du jeune homme, en marge du blocus d’un lycée de Mérignac, en Gironde.
Le mis en cause n’était pas scolarisé dans l’établissement. Il venait d’une cité voisine et tirait des mortiers d’artifice en direction des policiers.
Une intervention au contact pour protéger les élèves
Dans un témoignage publié par Le Parisien, l’officier expliquait que son unité avait choisi d’intervenir au contact, sans gaz lacrymogène, pour épargner les lycéens présents. C’est face à la résistance du jeune homme qu’il a été blessé.
Le bilan est lourd : une fracture nécessitant une opération avec la pose de broches, 45 jours d’incapacité totale de travail (ITT) et au moins deux mois d’éloignement du terrain.
Une deuxième blessure en un mois
Policier expérimenté, passé par plusieurs compagnies avant de réussir le concours d’officier, il subissait là sa deuxième blessure en un mois. À Villeurbanne, lors d’une intervention pour dégager une station-service attaquée, il avait reçu un coup de panneau de signalisation métallique à l’autre main. Malgré une plaie qui a nécessité des points de suture, il avait continué ses missions.
Habitué à « une certaine forme de violence », il décrivait un durcissement des affrontements et des adversaires mieux préparés. Il citait les tirs de mortiers à hauteur d’homme, les cocktails Molotov et les projectiles, et alertait sur les risques pour les unités.
Il disait aussi vouloir préserver ses proches, auxquels il ne raconte pas tout. Malgré ses blessures, il souhaitait retrouver pleinement ses capacités et retourner sur le terrain : « On s’est engagé pour des valeurs, on s’est engagé pour servir. »
Le syndicat Synergie Officiers dénonce une décision « inadmissible »
Gaëlle James, secrétaire générale de Synergie Officiers, a vivement réagi. Elle juge la sanction inadaptée face à un majeur cagoulé, auteur de tirs de mortiers, de violences et de rébellion.
Elle critique aussi la peine complémentaire : une interdiction de manifester limitée aux abords du lycée, un établissement dont le condamné n’est pas élève. Elle réclame un « choc d’autorité », avec une incarcération systématique en cas de violence contre un policier. Elle invite enfin le magistrat à se rendre en tenue de maintien de l’ordre aux côtés des forces de l’ordre lors des manifestations. Selon elle, « la République vacille » alors que les violences contre les forces de l’ordre augmentent.
Un débat sur la réponse pénale
Cette affaire relance la discussion sur la fermeté de la réponse judiciaire face aux violences visant les policiers et les gendarmes, notamment en marge des manifestations et des blocus de lycées. Pour les syndicats, le sursis envoie un signal d’impunité. Pour l’officier blessé, le retour sur le terrain reste l’objectif.
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on lui a pas remis la légion d’honneur en prime. c’est vraiment un encouragement à recommencé.