Fatigue, violences, vie privée bouleversée : policiers et gendarmes témoignent de leur usure après des semaines de manifestations.

Forces de l’ordre à bout de souffle : policiers et gendarmes alertent après l’enchaînement des manifestations
Depuis la rentrée, les rassemblements et manifestations se succèdent et les agents sont constamment sollicités. Policiers et gendarmes décrivent une fatigue physique et morale croissante, aggravée par les violences subies sur le terrain. Un syndicaliste redoute des conséquences pour la sécurité du pays.
70 000 agents mobilisés en France
Les mobilisations et contestations se multiplient depuis la rentrée. Jeudi, 70 000 policiers et gendarmes ont été déployés sur l’ensemble du territoire. Leur mission était de sécuriser les manifestations contre la vie chère et d’éviter les débordements.
Ce dispositif s’est accompagné d’un nouveau bilan humain : 112 membres des forces de l’ordre ont été touchés dans leurs rangs. La répétition des rassemblements et manifestations entretient une fatigue que les agents disent ressentir de plus en plus nettement.
Le témoignage d’un policier de 30 ans de métier
Un fonctionnaire, fort de trois décennies d’expérience, raconte une période éprouvante depuis trois week-ends. Il évoque notamment la journée du 17 octobre. Avec deux collègues, il s’est retrouvé encerclé, exposé à des projectiles et à des insultes répétées.
Selon lui, des slogans hostiles visaient les policiers, dont l’acronyme ACAB. Il reconnaît que ces attaques verbales pèsent lourdement sur le moral des équipes à la longue.
Une consigne d’empathie jugée inadaptée
Le chef de l’État a demandé que la police intervienne avec empathie. Pour cet agent, cette consigne ne correspond pas à la réalité du terrain. Il affirme que certains individus viennent armés de mortiers d’artifice et estime que l’intention est de s’en prendre physiquement aux policiers. Dans ces conditions, dit-il, une intervention empathique n’est pas envisageable.
Une vie privée bouleversée
Les conséquences dépassent le cadre du service. Le policier explique avoir été rappelé pour un samedi où il ne devait pas travailler. Sa compagne supporte mal ces changements et s’inquiète, car les horaires de retour sont incertains, tout comme l’état dans lequel les agents rentrent.
Il confie avoir envisagé de quitter la police. Une chose le retient : son envie de servir le pays, « surtout en ce moment ».
Un syndicat évoque un danger pour la sécurité nationale
Christophe Amance, du syndicat Unité Haute-Garonne, juge que cette usure générale finira par poser un problème de sécurité nationale. Selon lui, la situation devrait durer encore plusieurs mois. Il avertit : « On ne pourra pas tenir », et parle d’un danger réel.
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