Un athlète de 29 ans a été condamné à trois ans de prison par le tribunal de Pontoise pour avoir drogué et agressé sexuellement six membres de son club d’athlétisme de Cergy-Pontoise entre 2018 et 2022.

Cergy-Pontoise : un athlète condamné à trois ans de prison pour agressions sexuelles
La justice a tranché vendredi dans une affaire qui a ébranlé le monde de l’athlétisme francilien. Un sportif de 29 ans a été reconnu coupable d’avoir agressé sexuellement six membres de son club après leur avoir administré des substances. Le tribunal de Pontoise l’a condamné à trois ans d’emprisonnement, dont 20 mois avec sursis, relate Le Parisien.
Une série d’agressions révélée après une compétition
L’affaire éclate en juin 2022, au retour d’une compétition disputée en Isère. Deux jeunes athlètes, âgés de 18 et 24 ans, partagent leurs expériences troublantes vécues durant la nuit à l’hôtel. Le plus âgé raconte avoir accepté un comprimé présenté comme un complément favorisant le sommeil et la récupération musculaire. En pleine nuit, il se réveille dans un état de confusion totale tandis que son coéquipier lui prodigue des attouchements.
Le second athlète, bien qu’ayant refusé toute substance, décrit une situation quasi identique. Ces confidences entraînent une série de témoignages similaires au sein du club. Un troisième sportif révèle avoir vécu la même situation lors d’un déplacement en mars. Puis un quatrième se manifeste.
Des victimes sous emprise chimique
Les investigations mettent au jour d’autres cas remontant jusqu’à 2018. Un athlète de 22 ans dépose plainte après avoir cohabité plusieurs semaines avec le prévenu. Durant cette période, il accepte régulièrement des cachets présentés comme des compléments alimentaires. À plusieurs reprises, il émerge la nuit dans un état second, avec des souvenirs confus d’attouchements qui se précisent progressivement. Une fois la réalité établie, il quitte immédiatement le logement.
Un sixième plaignant, âgé de 25 ans, rapporte des faits similaires survenus entre 2018 et 2020 lorsqu’il partageait un appartement avec l’accusé. Le tribunal a retenu la circonstance aggravante d’administration de substance nocive à l’insu de la victime pour l’un des cas, les autres analyses toxicologiques s’étant révélées négatives ou non concluantes.
Un accusé qui maintient son innocence totale
Face aux juges, l’accusé nie catégoriquement l’ensemble des faits. Concernant la nuit décrite par les deux premiers plaignants, il réfute toute approche déplacée. Il affirme que le comprimé proposé était un simple complément alimentaire qu’il a également consommé. Pour les autres situations, il conteste avoir distribué quelque substance que ce soit.
Interrogé sur la cohérence troublante des témoignages, l’homme de 29 ans invoque une concertation entre les victimes. Son avocat souligne que les trois premiers plaignants ont été encouragés à déposer plainte par le président du club, suggérant une orchestration collective. La défense met également en avant quelques variations mineures entre les plaintes initiales et les déclarations ultérieures.
La thèse de la concertation écartée par la défense des victimes
L’avocate des parties civiles rejette fermement cette hypothèse. Elle rappelle que les six plaignants n’appartiennent pas tous au même cercle social. Si trois d’entre eux évoluent dans le même groupe d’âge, deux autres font partie d’un collectif différent, et le sixième est totalement isolé des autres. L’absence de liens préexistants entre toutes les victimes fragilise la thèse d’une manipulation orchestrée.
L’avocate qualifie l’accusé de prédateur méthodique qui utilise la confiance et l’endormissement pour approcher ses victimes. Les expertises psychologiques versées au dossier décrivent une personnalité dissimulée derrière un masque social. La plupart des victimes ignoraient l’orientation sexuelle réelle de leur agresseur jusqu’à l’éclatement de l’affaire.
Une peine en deçà des réquisitions
Le procureur Luc Pèlerin avait requis 24 mois d’emprisonnement dont huit avec sursis. Le tribunal a finalement prononcé une peine de trois ans de prison dont 20 mois avec sursis. Le condamné a déjà effectué sept mois de détention provisoire. Durant l’audience, il a systématiquement refusé d’aborder les questions relatives à sa sexualité ou à certaines pratiques fétichistes pourtant corroborées par son historique de recherches internet et les témoignages des victimes.
Cette affaire illustre la difficulté pour les victimes d’agressions sexuelles de témoigner, particulièrement lorsque la honte et la confusion liées à l’administration de substances retardent la parole. Plusieurs plaignants ont mis plusieurs mois avant de dénoncer les faits, malgré la gravité des actes subis.
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