Témoignages accablants, inertie des institutions, emprise : les écoles de cirque françaises secouées par un scandale de violences sexuelles systémique.

Un scandale majeur de violences sexuelles secoue les écoles de cirque en France.
De Châlons-en-Champagne à Amiens, en passant par Châtellerault, de nombreux anciens élèves dénoncent des agressions sexuelles, du harcèlement moral et une emprise psychologique exercée par certains professeurs, souvent en toute impunité.
L’enquête révèle que dès 2021, plusieurs alertes avaient été adressées au rectorat de Reims concernant Pascal Vey, enseignant au lycée Bayen de Châlons, soupçonné de viols, de harcèlement sexuel et de soumission chimique. Malgré neuf plaintes d’ex-élèves, il n’a été suspendu qu’en 2023, avant de se suicider en décembre. Trois victimes ont attaqué l’État pour défaillance de protection.
À Châtellerault, plusieurs femmes dénoncent des attouchements, des agressions ou des pratiques abusives perpétrées par un ancien professeur d’acrobatie, reconverti ensuite dans des écoles de cirque à Bruxelles et Turin, malgré des signalements. À Amiens, un audit a mis en lumière des faits similaires, avec plusieurs enseignants impliqués et un climat délétère couvert par la direction.
Ce scandale met en lumière des abus de pouvoir, une culture du silence, et l’absence de mécanismes efficaces de signalement dans un secteur mêlant proximité corporelle, précarité et relations d’autorité. La commission d’enquête parlementaire sur les violences en milieu scolaire s’est saisie du dossier. Une enquête judiciaire est ouverte pour non-dénonciation de crimes.
Un plan de prévention a depuis été lancé par la Fédération française des écoles de cirque, mais pour de nombreuses victimes, la confiance est brisée. L’affaire pose enfin la question de la responsabilité de l’Éducation nationale, jusqu’au plus haut sommet de l’État, où certaines alertes ont été ignorées.
Pour en savoir plus : France Info
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