Dans le Val-d’Oise, une unité spécialisée traque les individus en fuite pour faire exécuter les décisions de justice. Unique en Île-de-France, ce service vise à combler les lacunes du système judiciaire.

Dans le Val-d’Oise, plusieurs centaines de personnes échappent toujours à la justice. Pour y remédier, une cellule inédite baptisée Unité d’exécution des décisions de justice (UEDJ) a été créée au sein de la Direction interdépartementale de la police nationale (DIPN 95), selon les informations du Parisien . Composée de cinq policiers dédiés, cette structure a pour mission exclusive de localiser et interpeller les individus condamnés ou convoqués par la justice mais qui restent introuvables.
Frédéric Doidy, directeur interdépartemental de la police, est à l’origine de cette initiative. Selon lui, « le problème ne réside pas dans les condamnations prononcées, mais dans leur mise à exécution ». Il insiste sur la nécessité de « rattraper ceux qui prennent la fuite avant leur jugement ou qui ont été condamnés par défaut ».
Hormis dans le Rhône, aucun autre département n’a encore expérimenté une telle organisation, bien que des unités spécialisées existent déjà au niveau national, comme la Brigade nationale de recherche des fugitifs (BNRF) ou la Brigade d’exécution des décisions de justice (BEDJ). Mais ces structures se concentrent sur les profils les plus dangereux.
Un vide sécuritaire comblé
L’UEDJ s’attaque, elle, à une autre échelle : celle des délinquants moins médiatiques mais tout aussi insaisissables. Jusqu’alors, les services locaux de police judiciaire devaient gérer ces dossiers sans ressources suffisantes. « Il y avait un vrai vide. Personne ne les cherchait activement », reconnaît Frédéric Doidy.
Et les premiers résultats sont là : depuis son lancement le 7 avril, 23 personnes en fuite ont été retrouvées, présentées à la justice, et cinq d’entre elles ont été écrouées. Parmi elles, un homme condamné à plusieurs reprises pour délits routiers et trafic de stupéfiants, interpellé à Argenteuil après avoir longtemps navigué entre le Maroc et la France, ou encore un autre impliqué dans des violences ayant entraîné une mutilation, arrêté à Pierrelaye.
Priorisation des dossiers et nouvelles méthodes
Les enquêtes sont priorisées en fonction des peines encourues, de la gravité des faits ou de la dangerosité des individus. Depuis janvier 2023, les enquêteurs peuvent aussi recourir à des outils d’investigation avancés, comme les écoutes téléphoniques ou la surveillance technique, grâce à l’évolution du cadre juridique.
Intégrée dans le Plan départemental de restauration de la sécurité du quotidien (PDRSQ), l’UEDJ a déjà permis l’exécution de quatre mandats d’arrêt européens, dont un concernant un homicide présumé au Portugal.
En France, environ 30 000 personnes figurent dans le fichier des personnes recherchées (FPR), sans compter les demandes émanant de juridictions étrangères, qui oscillent entre 1 500 et 2 000 par an. Face à cette réalité, l’expérience du Val-d’Oise pourrait bien faire école ailleurs dans le pays.
En savoir plus sur Police & Réalités
Subscribe to get the latest posts sent to your email.







Très bonne initiative
Bravo aux policiers de cette unité pour leurs investigations, leurs recherches
bravo serened!