Un marocain de 50 ans, déjà condamné pour un incendie, a été reconnu coupable d’avoir provoqué un feu à Saint-Gilles. Il affirme pourtant avoir tenté de l’éteindre.

Un feu ravageur, une évacuation d’habitations, et un prévenu déjà connu de la justice.
À Saint-Gilles (Gard), le 8 juillet dernier, un incendie s’est déclaré dans le secteur du quartier Sabatot, détruisant près de 4 hectares de végétation. Le feu, menaçant les habitations voisines, a nécessité l’évacuation de plusieurs riverains selon les informations du Midi libre.
Devant le tribunal judiciaire de Nîmes, ce vendredi 11 juillet, Saïd, un marocain d’une cinquantaine d’années domicilié à Saint-Gilles, a dû répondre de ses actes. « Je voulais l’éteindre », a-t-il affirmé à la barre, niant toute responsabilité dans l’origine du sinistre. Selon lui, il aurait simplement découvert les flammes en forêt, où il était venu « pour dormir », avant de tenter de les contenir en jetant une bouteille d’eau et des branches.
Mais un témoin présent ce jour-là donne une version tout autre. D’après ses déclarations, Saïd aurait été vu en train d’attiser les flammes avant de s’enfuir lorsqu’il a été interpellé verbalement. Ce témoignage a été jugé suffisamment crédible pour contredire la version du prévenu.
Un passé judiciaire qui alourdit la balance
La présidente du tribunal, Alexia Bouchon, a rappelé un précédent dossier remontant à novembre dernier, dans cette même commune de Saint-Gilles, où Saïd avait déjà été impliqué dans un départ de feu. À l’époque, les policiers étaient intervenus rapidement, et l’homme avait éteint le feu sur ordre. Un procès-verbal évoquant un possible lien avec des propos à connotation terroriste avait alors été rédigé.
Par ailleurs, son casier judiciaire mentionne plusieurs condamnations pour exhibition sexuelle, violences avec arme, outrages et rébellion contre des agents de l’autorité. Le procureur Stéphane Bertrand a requis un an de prison ferme avec mandat de dépôt et une interdiction du territoire français pendant dix ans, estimant que le prévenu représente un danger manifeste.
La défense plaide la fragilité psychique
L’avocat de la défense, Me Romain Fuguier, a insisté sur l’état mental de son client, évoquant un contexte de dépression reconnu par des experts. Il a déploré l’absence d’obligation de soins dans les réquisitions, rappelant que ni briquet ni allumette n’avaient été retrouvés sur place. « Il n’y a que la parole d’un témoin, aucun élément matériel », a-t-il argumenté, appelant à la clémence et à une peine aménagée.
Finalement, le tribunal a reconnu Saïd coupable. Il a été condamné à un an de prison avec sursis probatoire pendant deux ans, accompagné d’une obligation de soins psychiatriques et d’une obligation de travail.
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