Le Syndicat de la magistrature s’oppose au transfert des 100 narcotrafiquants les plus dangereux vers la prison de Vendin-le-Vieil. Il dénonce un retour aux quartiers de haute sécurité, jugés inefficaces et contraires aux droits fondamentaux.

Polémique autour du nouveau quartier ultra-sécurisé de Vendin-le-Vieil : des magistrats dénoncent une régression pénitentiaire
Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) – Le tout nouveau quartier de haute sécurité (QHS) de la prison de Vendin-le-Vieil, qui doit accueillir à terme 100 des narcotrafiquants les plus dangereux de France, suscite une vive controverse. Le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, fustige cette nouvelle stratégie carcérale, dénonçant à la fois une atteinte aux droits de la défense et une efficacité contestée.
17 premiers détenus transférés sous haute surveillance
Ce mardi 22 juillet, 17 individus considérés comme très dangereux ont été transférés dans l’établissement du Pas-de-Calais, dans le cadre d’un dispositif exceptionnellement sécurisé. Parmi eux figure notamment Mohamed Amra, récemment impliqué dans une spectaculaire évasion avortée qui avait coûté la vie à deux agents pénitentiaires.
Le garde des Sceaux, Gérald Darmanin, avait promis une réponse ferme contre le narcobanditisme en créant des quartiers carcéraux strictement encadrés, dotés de technologies de pointe pour empêcher la poursuite des activités criminelles depuis l’intérieur des prisons.
Un arsenal technologique de pointe
La prison de Vendin-le-Vieil s’est équipée de :
brouilleurs de drones et de téléphones portables, portiques à ondes millimétriques, cours de promenade bétonnées, parloirs avec hygiaphones et vitres anti-contact.
Ces mesures visent à couper tout lien entre les détenus et l’extérieur, dans une logique de neutralisation totale des réseaux.
Le Syndicat de la magistrature tire la sonnette d’alarme
Dans un communiqué cinglant, le Syndicat de la magistrature, classé à gauche, dénonce une sélection des détenus opaque, ne permettant selon lui qu’un « exercice factice des droits de la défense ». Le syndicat voit dans ce dispositif le retour des quartiers de haute sécurité, abolis il y a plus de 40 ans pour leur inefficacité et leur nocivité.
Il critique également la logique sécuritaire extrême qui, selon lui, ne règle rien sur le fond du problème de la criminalité organisée, et appelle à un débat national sur le sens de la peine.
Une généralisation annoncée
Un deuxième quartier de haute sécurité doit ouvrir en octobre à Condé-sur-Sarthe (Orne), avec 100 nouvelles places. Cette généralisation laisse entrevoir un durcissement assumé de la politique pénitentiaire, dans un contexte de lutte accrue contre les trafics et d’insécurité grandissante liée aux réseaux criminels.
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C’est tout le SDM qu’il faut hĂ©berger lĂ bas pour les 20 prochaines annĂ©es minimum!