Après des perquisitions menées à l’Office anti-stupéfiants à Nanterre, la hiérarchie policière tente de rassurer ses agents. Cette affaire, liée à la gestion de sources, intervient en parallèle du scandale Trident sur la disparition de 400 kg de cocaïne.

Perquisitions à l’Ofast de Nanterre : une nouvelle affaire interne secoue la police antidrogue
Selon les informations du Parisien, l’Office anti-stupéfiants (Ofast), fleuron de la lutte contre les trafics en France, est une nouvelle fois dans la tourmente. Ce mardi, des perquisitions ont été menées dans ses locaux à Nanterre (Hauts-de-Seine), ainsi qu’aux domiciles d’au moins deux policiers, dont un commandant chevronné. La hiérarchie, consciente du malaise, s’est déplacée dès le lendemain pour rassurer les effectifs.
Ces événements interviennent dans un contexte tendu, alors que l’affaire Trident, qui a vu disparaître 400 kg de cocaïne lors d’une opération pilotée à Marseille, a déjà conduit à plusieurs mises en examen, dont deux commissaires.
Une enquête distincte, liée aux indics
Selon nos informations, ces nouvelles perquisitions ne seraient pas directement liées au dossier Trident, mais découleraient d’une enquête préliminaire ouverte par le parquet de Paris, portant sur la gestion de sources humaines. Elles viseraient notamment un chef de groupe de l’Ofast et un jeune policier réputé intègre. Leurs matériels informatiques ont été saisis, confirmant la volonté des autorités de faire toute la lumière sur ces pratiques.
Une première perquisition avait d’ailleurs été menée un mois plus tôt dans le bureau d’un autre fonctionnaire de l’Office.
Des mutations décidées “dans l’intérêt du service”
Soucieuse de préserver l’institution, la hiérarchie a d’ores et déjà annoncé son intention d’appliquer l’article 25 du statut des fonctionnaires pour muter les deux policiers concernés, une mesure justifiée « dans l’intérêt du service ».
Le parquet de Paris, sollicité mardi, n’a pas souhaité commenter l’affaire à ce stade.
Le spectre du scandale Trident toujours présent
Parmi les policiers ciblés figure un commandant surnommé “le Colombien”, figure emblématique de la lutte antidrogue, ancien du 36 quai des Orfèvres puis de l’OCRTIS, prédécesseur de l’Ofast. Ce vétéran, adepte de méthodes “à l’ancienne”, est cité dans le dossier Trident comme mentor du major Arnaud D., actuellement en détention provisoire pour trafic de stupéfiants.
L’opération Trident, lancée en avril 2023 avec le soutien de la DEA américaine, visait à faire tomber Mohamed “Mimo” Djeha, baron présumé de la cité de la Castellane à Marseille. Mais faute de résultats concrets, près de 400 kg de cocaïne ont disparu, sans qu’aucune arrestation significative n’ait eu lieu.
Une institution fragilisée
Selon des éléments révélés par Le Monde, le “Colombien” aurait sollicité une source dans l’est de la France, ce qui aurait permis de réaliser une transaction portant sur 50 à 70 kg de cocaïne. Ces révélations alimentent les soupçons d’irrégularités dans la gestion des livraisons surveillées.
Pour Stéphanie Charbonnier, ex-patronne de l’Ofast, il s’agirait de “comportements individuels déviants”. Mais l’accumulation d’affaires jette une lumière crue sur les dérives possibles dans la gestion des indics et des saisies au sein de la police antidrogue française.
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