À Mantes-la-Ville, un couple sous le coup d’une OQTF se bat pour récupérer la garde de leur bébé de 9 mois, placé en famille d’accueil après une intoxication accidentelle au cannabis. Une affaire à la croisée de la justice, de la santé publique et de la politique migratoire.

Bébé intoxiqué au cannabis : des parents sans papiers risquent l’expulsion sans leur fille
Mantes-la-Ville (Yvelines), août 2025 – Depuis la mi-juillet, selon les informations du Parisien, Inès, un bébé de 9 mois, a été placée par l’Aide sociale à l’enfance (ASE) après avoir été admise aux urgences pour un état de somnolence anormal. Les analyses ont révélé la présence de cannabis dans ses urines, déclenchant une procédure judiciaire et administrative à l’encontre de ses parents.
Selon les premiers éléments, l’enfant aurait accidentellement ingéré un résidu de drogue tombé d’une poche de son père, Karim (prénom modifié), qui reconnaît avoir consommé du cannabis dans le logement familial. « Je sais que c’était irresponsable, mais je n’ai jamais voulu faire de mal à ma fille », assure-t-il, effondré.
Une séparation familiale sous tension
Le parquet a ouvert une enquête pour mise en danger de la vie d’autrui et manquement aux obligations parentales. Le couple, Karim et Sarah (prénom modifié), a brièvement été placé en garde à vue. Leur fille, quant à elle, a été confiée à une famille d’accueil.
Depuis, les deux parents tentent désespérément de récupérer la garde de leur enfant, affirmant qu’il s’agissait d’un accident isolé et qu’ils sont des parents aimants et impliqués. Des documents de l’ASE viendraient appuyer cette version, mettant en avant une relation affective solide avec la petite fille.
Mais l’affaire prend une autre tournure. Le couple fait désormais l’objet d’une obligation de quitter le territoire français (OQTF). Lui est Algérien arrivé clandestinement en 2023, elle a perdu la validité de son titre de séjour depuis plusieurs mois. Tous deux redoutent un renvoi vers l’Algérie, sans leur fille restée en France.
Des enjeux humains et diplomatiques
« Qu’on nous laisse repartir au moins avec notre fille, sinon c’est inhumain », plaide Karim, 28 ans, peintre en bâtiment. En plus des poursuites judiciaires et de la procédure d’expulsion, le couple subit l’hostilité de certains voisins depuis la médiatisation de l’affaire.
Le sort de cette famille repose désormais entre les mains du juge des enfants et des services du ministère de l’Intérieur. Une première audience est prévue le mercredi 13 août. Ce dossier complexe, mêlant droit de la famille, protection de l’enfance et politique migratoire, pourrait se heurter à un autre obstacle : les tensions diplomatiques entre la France et l’Algérie, cette dernière refusant souvent de reprendre ses ressortissants expulsés.
Un phénomène préoccupant
Cette affaire illustre également une hausse inquiétante des intoxications de jeunes enfants au cannabis. L’Anses alerte : en dix ans, ces cas ont fortement augmenté, en particulier chez les bébés de moins d’un an. Le taux d’admissions en réanimation a doublé chez les moins de 6 ans, passant de 5 % à 11 %.
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